En ce début d’année 2009, les occasions de se divertir sont plutôt rares, entre la crise, l’absence d’opposition républicaine, le temps de merde et Dieudonné qui fait le con. Heureusement, VisualMusic est toujours là vous prodiguer son avis impartial, clairvoyant et objectif sur la musique actuelle. Sans plus attendre, penchons nous sur de jeunes artistes émergeants et novateurs: Brokencyde (BC13 pour les intimes).

Ces 4 ados venus d’Albuquerque (un trou paumé du Mid-West des Etats-Unis) se sont mis en tête d’imposer leur nouveau courant musical: le screamo-crunk. Le principe, c’est d’accompagner les recettes habituelles du crunk (à savoir un rap aux paroles crades et salaces posés sur des rythmes electro simplistes) de cris propres au mouvement emocore (Finch et consorts). Et, afin d’asseoir définitivement leur originalité, le quatuor a opté pour un style vestimentaire et capillaire hors du commun, sorte de mélange inédit entre Booba, Tokio Hotel et Clément le nolife. Du mal à visualiser ? Le mieux est de voir le clip du single ‘Freaxxx‘. Jean slim taille basse, Converse flashy à damier, guêtres en cuir, tee-shirt fluo pailleté moulant (ou XXL selon les membres), port de la mèche bicolore obligatoire, chaines et bagues bling bling, biatches entre 12 et 15 ans (Pedobear reprezent !), caisse pourrave pour se la jouer gangsta… Tout simplement magique. En tout cas, ça leur a permis de se faire remarquer puis signer par Subnoize Records, label qui distribue entre autres Hed pe – à croire qu’ils se sont spécialisés en groupes tricards.

Mais parlons plutôt musique, pour changer. De ce point de vue, la seule originalité de Brokencyde est de beugler sur des morceaux crunk. Le reste est du comique à l’état pur. Il y a quelque chose d’intensément drôle dans tout ce que fait ce groupe. Entendre ces gosses tenter de prendre un phrasé hip-hop (4 blanc-becs qui chantent ‘yeah, nigga‘, fallait oser…) ou même les voir s’essayer à placer le plus grand nombre d’allusions sexuelles vulgaires (‘I wanna have sex with this whore / fuck, this bitch is hot !‘) est à pisser de rire. Les voix des parties R’n’B modifiées à la truelles et les flows poussifs à base de souffle court sont hilarants, sans oublier évidemment les incessants hurlements d’ado en pleine mue. Les américains ont poussé l’exercice en plaçant des références hip-hop (Busta Rhymes, Outkast) pour s’acheter une street credibility à peu de frais. Du grand art, ces gamins sont vraiment du talent à revendre.

Le mix entre tous ces clichés franchit allègrement les limites du supportables, et on se demande ce qui a pu passer par le tête des mecs de Brokencyde pour oser faire un truc pareil. Pourtant, en écoutant leur musique, tout devient limpide. Chez Brokencyde, tout est optimisé pour bouger, se frotter, gueuler et surtout faire l’intéressant. Ce groupe, en reproduisant méticuleusement tous les clichés vehiculés par le hip-hop MTV et l’emo dit ‘à mèche’, représente l’apothéose de deux mouvements qui privilégient depuis trop longtemps la facilité, le consumérisme et la culture du paraître, mettant de coté l’intérêt artistique. Ainsi, pour toute personne aimant la musique sans artifice, Brokencyde représente un summum de ce qu’il faut éviter à tout prix. Le gulty pleasure ultime.

En conclusion, merci à Brokencyde d’exister. Et au passage, merci Zapbzkit. It’s BC13, motherfucker !