Headcharger ✖︎ Grenier à Sons ✖︎ Cavaillon

vm5
Par
3 min. de lecture

Chemises à carreaux, jeans crades, déboitements de nuque et énergie hardcore’n’roll : voilà le programme de la soirée du 28 mars dernier, à la frontière buccorhodanienne, en compagnie des caennais Headcharger. Avec en bonus, la présence des vétérans Watcha, dans une configuration bien particulière.

Cela fait un petit moment que j’essaie de voir en live les groupes que j’ai chroniqué, et j’ai rarement été déçu. Alors quand Rom, bassiste d’Headcharger, me convie sur cette date du Grenier à Sons de Cavaillon, je ne peux qu’accepter ! Et là aussi, j’ai été comblé : un son nickel, un jeu de scène parfait, une grosse présence et une bonne communication avec le public. Les titres de « Watch the Sun » ont fait des ravages auprès des furieux présents dans le pit (malgré la faible affluence en ce vendredi soir, avec une salle seulement remplie à moitié), alors que le petit détour par l’album éponyme, « Falling Asleep Masses« , est passé comme un marteau-piqueur sur un chantier. Des compositions comme « You Wanna Dance You Gotta Pay The Band » ou « Get Naked » atteignent une dimension supérieure en live, ça groove, ça gueule, ça s’apaise, pour repartir de plus belle et laisser le public sur les rotules… Les Headcharger sont des bêtes de scène, à bon entendeur ! Dans une prestation aussi parfaite, on leur en voudrait presque de ne pas avoir joué « Bill Murray’s Syndrom » en entier, zappant le tonitruant passage basse-chant… Bah quoi, faut bien leur trouver un -petit- défaut, non ? Dans tous les cas, les bûcherons caennais ont livré un concert d’une grande classe. Dans les années à venir, il faudra compter avec eux, au sommet de ce metal français rock’n’roll et anglophone sans complexes…

Ce soir-là, les parisien de Watcha étaient également présents… Comment en vouloir à un groupe comme Watcha, après un tel retournement de situation ? Après un processus de kyotisation avancé avec « Phénix » et une mort plus qu’annoncée, les mectons reviennent en 2008 avec une nouvelle section rythmique, un album sans concession (« Falling by the Wayside« ), et sans Freddy (le guitariste dreadeux) pour cette tournée, le monsieur se consacrant actuellement à Empyr. Vilain, va. Toujours est-il que, même amputé d’un autre membre de longue date, la bande d’El Butcho (chant, vous savez, celui avec un poulpe sur le crâne) persévère sur la route, et semble se faire plaisir sur scène, avec fougue et bonne humeur. Et si leur renaissance, c’était maintenant ?

Au final, cette date a été une très bonne soirée, confirmant la puissance d’Headcharger, véritable espoir du metal français, alliant rage, traitres accalmies, chaleur et fougue, sans oublier Watcha, qui démontre que même réduits à quatre, ils sont prêts à en découdre, reléguant la sortie de route « Phénix » à un lointain cauchemar.

Un grand merci à Rom d’Headcharger.

Taggué :
Partager cet article