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Après un album éponyme en 2005 synonyme de douleur aux cervicales, les normands d’Headcharger (ex-Doggystyle) reviennent en 2007 avec l’excellent “Watch the Sun“, bombe sonore qui nous transporte dans un désert aride et diabolique. L’occasion de poser quelques questions à Seb (chant), l’un des auteurs de ce qui s’avère être LA très bonne surprise metal français de l’année.

Tout d’abord, parle-nous un peu d’Headcharger
Seb (chant) : Headcharger est né, il y a deux ans des cendres de Doggystyle, nom sous lequel nous avons officié pendant plusieurs années dans un registre beaucoup plus metal hardcore. Le 1er album (s/t) est sorti en 2005 et a marqué pour nous un changement dans notre manière d’aborder notre musique et de se défaire de certains “codes”.
Aujourd’hui nous sommes cinq musiciens dans Headcharger, à savoir David (guitare), Antony (guitare), Rom (basse), Guillaume (batterie) et moi-même Seb (chant). Nous sommes de Caen en Normandie, là où il pleut souvent, …Mais on arrive quand même quelques fois à voir le soleil…

Votre dernier effort, “Watch the Sun“, est sorti le 5 Octobre. Etes-vous satisfait des critiques et de l’accueil du public en général?
Et bien écoute pour le moment tout se passe très bien. L’accueil du public et les critiques sont très bonnes et c’est vraiment une super récompense pour nous. On a tous beaucoup travaillé pour cet effort comme tu dis… Cela fait 10 jours que l’album est dans les bacs mais on sent déjà un engouement. Après, on ne se contentera pas de cela et nous voulons le faire vivre le plus longtemps possible. En gros, le bébé se porte très bien mais ne demande qu’à grandir. Il y a une vraie équipe qui travaille avec nous aujourd’hui et nous nous devons d’être à la hauteur de l’énergie que ces gens déploient pour nous. Avant même de se demander si l’album allait plaire ou pas, nous avons d’abord cherché à faire notre truc et ça semble avoir payé.

Le très bon “You wanna dance you gotta pay the band” a été programmé sur Europe2, radio pas vraiment connue pour des passages de rock “musclé”. Est-ce le reflet d’un désir d’avoir un public toujours plus large?
Nous avons été les premiers surpris de ce passage sur Europe 2. L’album semble avoir intéressé le programmateur ainsi que les auditeurs puisqu’ils en ont redemandé au travers des coups de téléphone et des messages sur le forum, et voilà tout. Si cela peut nous permettre d’avoir un public plus large, ce n’est que mieux. Ce qui est sûr c’est que nous n’avons jamais cherché à orienter notre musique dans ce sens. Je ne pense pas que “Watch the Sun” soit plus « easy-listening » que ne pouvait l’être notre premier album. En tout cas, nous n’avons jamais voulu se limiter à une “scène”, pour nous, l’important reste la musique au-delà des étiquettes que certains se plaisent tant à coller. Disons qu’on fait la musique qui nous plait, mais que si derrière ça plait à un max de monde et bien on sera vraiment heureux de partager cela avec eux.

On arrive à capter des éléments étrangers à la musique metal (notamment “Get Naked“), même si au final le disque est homogène sans être répétitif. Quelles ont été vos influences principales durant l’enregistrement?
Nous écoutons tous des trucs différents même si certains groupes, souvent anglais ou américains, font l’unanimité comme les Guns du début, Metallica, Led Zep’… Cela va du hip-hop en passant par la pop, le rock 70′, le metal, le hardcore…Toute la difficulté et l’originalité d’Headcharger se trouve justement ici. Réussir à ce que chacun y trouve son compte. Je ne te parle pas d’enchaîner un riff métal avec un riff pop mais bien de penser les morceaux dans leur ensemble et de leur donner une couleur que l’on espère personnelle. Nos influences se portent beaucoup plus sur la manière de construire un album et dans ce sens des groupes comme Refused, Faith No More, Dillinger Escape Plan ont pu en effet être des références à ce niveau là.

Si on disait “Headcharger c’est un peu le Kyuss français, la passion pour les psychotropes en moins, et l’ouverture et la nervosité en plus”, ça vous irait?
Et bien écoute c’est très flatteur de par la notoriété de ce groupe, en tout cas de ce qu’il a laissé derrière lui….mais très franchement je ne sais pas si un seul d’entre nous a un skeud de Kyuss chez lui. Mais sans connaître de morceaux de Kyuss, nous connaissons tous, quand même ce groupe pour son originalité et son style avant gardiste. Tu n’es pas le premier à faire cette comparaison donc j’imagine qu’il doit y avoir une raison. On nous a souvent dit que nous avions un côté stoner. En règle générale, on n’écoute pas forcément des groupes qui se rapprochent de notre musique, y’a tellement de bons trucs dans tous les styles, qu’on ne se focalise pas que sur du metal ou du hardcore. Du coup, cela nous permet aussi encore une fois de désenclaver nos compositions. Une chose est sûre, en tout cas, c’est que je préfère vraiment une comparaison à Kyuss qu’à Kyo.

La structure marseillaise Coriace s’occupe du booking d’Headcharger, et vous allez prendre la route pour un nouvel Assaut Coriace (en alternance avec Babylon Pression) en compagnie d’Eths et Watcha. Quels sont vos rapports avec les groupes de l’écurie?
Très bon. Nous avons été super bien reçu. Ca va faire maintenant un peu plus d’un an qu’on a rejoint Coriace et cela nous a indiscutablement beaucoup apporté. Coriace est une structure qui a su traverser ces dernières années sans faiblir, bien au contraire, et du coup, en faire parti fait vraiment plaisir. Puis participer au nouvel Assaut Coriace va nous permettre d’évoluer devant un public nouveau, cela va être vachement intéressant. La scène reste pour nous un aspect primordial de la vie d’un groupe. C’est là que tu fais vivre tes morceaux et que tu les partages. Nous ne verrions pas l’intérêt de sortir un nouvel album et ne pas tourner… On the road again…

Votre galette sort en même temps que celles d’Eths, Watcha, Unswabbed, Sikh ou Lofofora. Y a t-il des groupes, tout horizon confondu, que vous appréciez particulièrement sur la scène musicale française?
A force de tourner tu rencontres forcément beaucoup de groupes et cela se passe plus ou moins bien. Forcément il y a certaines personnes avec qui le courant passe mieux parce qu’on partage une certaine vision de la musique et cela arrive souvent. On a passé de si bons moments avec certains groupes comme Tripod, Zuul FX, l’Esprit Du Clan, My Ruin, The Arrs, Amanda Woodward, Babylon Pression, T.A.F., Guns of Brixton… et j’en passe… que quand tu croises des connards et bien tu ne leur parles pas, c’est aussi simple que ça.

Enfin, avant d’atterrir dans les bacs, l’album a beaucoup voyagé: Suisse avec Serge Morattel pour l’enregistrement et le mix, Alan Douches aux USA pour le mastering, l’Autriche pour le pressage… Un son à l’Américaine, le label et la boîte de booking en Provence, une pochette qui évoque une aridité des plus virulentes… alors Headcharger, toujours normands? 😉
Même si notre musique commence réellement à s’exporter, nous sommes très attaché à la Normandie et en particulier à notre ville (Caen). C’est là qu’on a grandi et que l’on a tous nos amis. Même si on y trouve une scène très active au niveau local, ça reste une petite ville. Si tu veux te faire entendre et bien tu dois t’arracher deux fois plus que dans d’autres coins de la France (Paris pour ne pas citer). Reste qu’on a toujours autant de plaisir à jouer chez nous devant des gens qui nous suivent depuis presque 10 ans. Le hasard des choses fait que l’on va commencer la tournée à la maison et que forcément ça sera la teuf…

Je te laisse le mot de la fin, merci d’avoir répondu à l’interview, j’espère à bientôt sur la route!
J’espère aussi que l’on aura l’occasion de se croiser sur la route. Merci à tous ceux qui nous aident et nous soutiennent comme toi. Un clin d’oeil à Toinou et Mika les deux hommes de l’ombre…

Abir @ Moka Inc., Seb & Headcharger, K-Wouète @ Coriace et Customcore.