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Un petit merdeux qui se paie votre fiole. Voilà le premier sentiment qui se dégage de Richie Follin, le leader des Willowz.
Cependant, à mesure que l’interview se passe, une drôle de pensée traverse l’esprit: “et si ce petit merdeux n’était en fait qu’un grand type tout gentil?“. Et oui, ses yeux malins le trahissent, c’est un grand gentil, le genre de mec qu’on rêve d’avoir comme pote.
Et en plus il est le leader d’un bon groupe…

Peux-tu me raconter vite fait l’histoire du groupe ?
Richie: On s’est formé en 2001 à Orange County, il n’y avait que Jessica et moi. On a fait notre mini disque chez Posh Boy à New-York. On a commencé à donner des concerts à L.A. Ensuite on a sorti un album sur le petit label Dyonisus. C’est ensuite qu’on nous a demandé d’apparaître sur la BO de Eternal Sunshine of the Spotless Mind et c’est là qu’on a commencé à nous remarquer. Avant on faisait des tournées un peu merdiques et grâce au clip de Michel Gondry on a commencé à s’intéresser à nous. On a ensuite fait un disque dont la presse a pas mal parlé. On a atterri chez Sympathy for the Record Industry et ensuite on a fait le nouveau disque Chautauqua sur un autre label, Dim Mak. Il vient juste de sortir ici.

Quelles sont les influences du groupe ? Quels sont les groupes qui t’ont fait choper une guitare ?
On écoute tous des trucs différents dans le groupe… Moi j’aime Neil Young, les Stooges, les Beatles, les Stones ou des vieux disques de soul aussi, même du punk, j’aime tous les styles en fait !

Comment ça se passe au niveau de la composition ? Tu fais tout tout seul dans ton coin et est-ce un effort collectif ?
Ca part souvent d’une guitare acoustique. J’ai une idée, je la montre au groupe et on voit ce qu’on peut en faire.

Tu es l’unique compositeur dans le groupe ?
Non, Jessica écrit pas mal de trucs aussi.

J’ai l’impression que vos premiers disques étaient très influencés par les sixties, alors que le nouveau sonne plus 70’s, plus Led Zeppelin. Je me trompe ?
Bien vu. En fait ça vient de nos batteurs. Sur le disque précédent, notre batteur était à fond dans les trucs sixties, le punk alors que notre nouveau batteur a plus un jeu à la Bonham qui nous a pas mal influencé. Cela dit ce n’était pas quelque chose de prémédité.

Quelle est la signification de Chautauqua ? Il y a bien des indices sur votre myspace mais rien de bien clair.
Ca désigne une espèce de communauté qui jouait de la musique et qui transmettait son savoir… Voilà ! (NDLR : on recommandera au lecteur un petit tour sur Wikipedia)

Votre disque semble d’une certaine manière séparé en deux parties : d’abord les chansons plus rock et ensuite des trucs plus pop. C’est délibéré ?
Hum… Je ne sais pas. Ce n’est pas ce qu’on a voulu faire en tout cas. Attends… « Jubilee » c’est la troisième c’est ça ? Et il y a « Evil Son » pas loin et elles sont assez calmes. Quoique… tu as peut être raison, j’y réfléchirai !

En parlant de « Evil Son », d’où vient ce côté calme au piano au début et un final tout rentre-dedans ? Vous avez essayé de faire une version moins gnian gnian de « November rain » de Guns N’Roses ?
(mort de rire) En fait, le type qui a fait les arrangements de cordes est le même pour les deux chansons ! (S’en suit un débat sur les qualités, discutables, de “November Rain“) Pour revenir à ta question, c’est un peu arrivé par accident, le producteur avait enchaîné avec une autre chanson et on a trouvé ça cool, on l’a gardé !

En écoutant votre disque, on entend un vrai plaisir de jouer que ce soit sur le riff de « Siren Song » ou sur le final à la « Hey Jude » de « Lonesome Gods ». Qu’est ce que vous préférez ? Rocker à fond ou essayer de faire des chansons plus mélodiques ? Ou avez-vous besoin de deux ?
Oui, il nous faut les deux. On essaie de surtout ne pas s’ennuyer et d’être fier de ce qu’on fait. C’est pour ça que l’album est assez varié. De toutes manières quand tu pars en tournée pendant une année il vaut mieux avoir des chansons qui ne vont pas te saouler! On ne veut pas s’enfermer dans un style et puis on se fout un peu des cases. J’ai l’impression que ce serait peut être plus facile d’avoir plus de succès commercial en faisant sonner l’album pareil de A à Z comme le fait Interpol, mais on s’en fout de ça.

De quoi parlent tes paroles?
Il y a les trucs personnels évidents et puis parfois j’essaie de créer des personnages, ça dépend. J’essaie de dire des choses sur le monde aussi mais de manière indirecte, subtile… pas comme Greenday!

Tu parlais de Michel Gondry tout à l’heure ce qui m’amène à vos vidéos (NDLR: toutes hautement recommandables). D’où viennent toutes ces idées ? C’est toi ? Le groupe ? Ou les différents réalisateurs ?
En fait on dit aux réalisateurs : « voici notre musique, occupes-toi du clip, peu importe si on aime ou pas ». Mais souvent on aime ! En fait nous sommes des musiciens, pas des cinéastes… Et puis l’apport d’autres est toujours cool. En plus on vit à L.A, tout le monde bosse dans le ciné là-bas!

On va vous entendre dans le nouveau film de Gondry (“Soyez sympas, rembobinez! »)?
Non, pas cette fois. On devait faire une reprise pour la BO mais ça ne s’est pas fait.

La comparaison avec les White Stripes, ça te gonfle ?
Je crois que ça vient tout simplement du fait que comme eux on a bossé avec Michel Gondry, on était chez Sympathy for the Record Industry et puis il y a ma voix. J’aime les White Stripes mais on ne sonne pas vraiment pareil, surtout au niveau batterie.

Comment situes-tu le groupe par rapport à la scène actuelle ? Déconnecté ?
J’aime bien certains groupes actuels comme les White Stripes, QOTSA, tous ces groupes avec qui on a pu jouer… On sent qu’on appartient à quelque chose même s’il y a évidemment des trucs dans lesquels on ne se reconnaît pas du tout. Il y a tellement de groupes qu’on adore mais ce sont rarement ceux qui cartonnent.

Presque vingt dates de concert en France ! Comment ça se fait ? D’habitude les groupes font un concert à Paris et basta…
Oui, on a fait ça aussi… Pourquoi tant de dates ? Hum… Pourquoi pas ? Les gens viennent, c’est plein tous les soirs, c’est cool ici. Notre label nous y a un peu poussé pour tout dire. Je pensais que ça allait être bizarre car on n’a pas trop de fans ici mais finalement c’est cool.

Quels sont les projets une fois la tournée achevée ?
On part New-York pour bosser sur le nouvel album. On revient en Europe vers avril je crois, on va aussi faire quelques festivals mais la priorité c’est le nouveau disque. Qui sera différent de celui-ci…

C’est la St Valentin aujourd’hui, je t’ai préparé un petit questionnaire de chansons d’amour. Laquelle est ta préférée ?
De tous les temps, je ne sais pas…
Jessica : “In my Life” ! (des (Beatles)
Visual: Une chanson pour rompre ?
Richie: Les Destiny’s child!
Visual: Pour le sexe?
Richie : “I wanna be your dog !

Voilà, poignée de main, discussion sur les mérites de la cathédrale amiénoise qui semble fasciner Jessica, une bière et concert emballant. The Willowz assure, c’est rien de le dire.

Merci à Lena de Differ-ant.