Puisqu’on vient d’en parler dans notre incroyable série de l’été et histoire de vous faire patienter un tant soit peu jusqu’à l’automne, période à laquelle est prévue la sortie du CD/DVD enregistré le 16 Mars dernier avec le Auckland Philharmonia Orchestra, on vous laisse profiter dans la suite de quelques secondes de live avec Serj Tankian et ses all-blacks qui jouent du flutiau.
Au programme donc, des morceaux d' »Elect The Dead » plus quelques inédits, patience, patience…
En 2005, le nouvel album de System of a down est attendu comme le messie. Il faut dire qu’après un excellent premier album éponyme relativement discret en Europe, le groupe a explosé en terme de vente et de notoriété grâce à leur second album « Toxicity« , plus lourd et moins subtil, mais contenant LE tube fédérant le neo-metalleux déçu par un genre déclinant, le geek adepte de métal symphonique et l’adolescent en mal de sensation. L’album de face B sorti peu après, outre son intitulé provocateur, contient nombre de titres d’une qualité impressionnante pour des chutes de studio. Le groupe fait l’unanimité dans la presse musicale qui salue les capacités vocales de [b]Serj Tankian[/b] et la virtuosité de [b]Daron Malakian[/b].
Et là, c’est le drame.
Le diptyque « Mesmerize« / »Hypnotize » arrive dans les oreilles des kids et stupeur : on est loin de la bombe attendue. Le groupe fait dans la grandiloquence, s’orientant avec ses polyphonies et ses envolées de guitares dans un style théâtral et démonstratif ; les compositions se sont complexifiées au point de rendre certaines chansons inaudibles. Mais ce qui intrigue le plus est la sérieuse mise en retrait de la voix de [b]Tankian[/b] au profit de [b]Malakian[/b], signe évident de la mainmise du guitariste sur le groupe. [b]Daron[/b] s’est pris un chanteur lead, au grand dam de [b]Serj[/b] – et des auditeurs qui se sont fait méthodiquement vriller les oreilles. Si on compte en plus les graves fautes de goûts présentes ici et là (voix trafiquées façon robot, refrain disco, ballade FM larmoyante), l’addition commence à être salée.
Le tableau n’est pas si sombre qu’il n’y parait. En rassemblant les bonnes chansons, on obtient un album plus qu’honorable. Malheureusement le choix de faire payer plein pot deux albums moyens à six mois d’écart, en plus de souligner la faillite artistique, donne au tout un relent d’arnaque.
Le groupe n’a pas survécu à la lutte des égos entre ses deux leaders et au relatif échec commercial de « Mesmerize« / »Hypnotize« . [b]Tankian[/b] et [b]Malakian[/b] continuent leur route chacun de leur coté, l’un tentant tel un [b]Jean-Louis Aubert[/b] de reprendre à son compte la musique du groupe, l’autre se lançant dans une carrière de sosie de Zucchero. Pas de doute, c’est la loose.
