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Comme chaque année, VisualMusic recense par membre de l’équipe son best of de l’année mais aussi, et surtout, s’ajouteront des membres de labels, de groupes et d’acteurs de l’industrie musicale avec qui nous avons le plaisir d’échanger régulièrement. De quoi faire son marché dans une année mouvementée.

Son résumé

MVCDLM ou Guillaume dans la vraie vie est un twitto passionnant. Il a beau avoir l’une des photos de profil les moins esthétiques de tout Twitter (à égalité avec les PP manga), ses compétences de graphiste ne sont plus à prouver : affiches diverses pour Nanarland, charte graphique de la salle de concert Cargö ou du PIFF, couverture du livre Super Cine Battle, habillage pour Arte Live… Mais aussi des montages mi-géniaux mi-foireux (comme le morphing Lou Belouga) et plein de bonnes vannes bien senties. A côté de ça, il balance régulièrement son amour pour John Maus, Death Grips et les musiques dites déviantes, qu’il met un point d’honneur à faire découvrir. C’est pourquoi nous lui avons proposé de s’exprimer sur son année musicale 2018, que l’on sait riche, variée et surprenante.

Les disques.

Daughters – You Won’t Get What You Want

Le genre d’album qui te chope par les cheveux, te cogne la tête contre le bord d’un lavabo avant de te rouer de coups au sol et te laisser pour mort. C’est noir, suffocant, cauchemardesque. Le pire ? C’est qu’on en redemande. Rares sont les disques qui me mettent dans cet état pour mon plus grand bonheur. Assurément pas un disque pour tout le monde, et qui mettra les nerfs à rude épreuve. Mais c’est aussi assurément sa plus grande qualité.

Cobra Man – Toxic Planet

Personne n’avait envie de voir revenir le disco dans les années 2010, ni même plus tard. Pourtant ces deux californiens arrivent à l’imposer avec brio, même si la simple évocation du nom « Bee Gees » provoque de l’urticaire. Entre tradition et modernité comme le dirait un mauvais communiqué de presse pour l’office du tourisme Japonais, ce deuxième album (après le tout aussi excellent « New Driveway Soundtrack ») nous donne envie de ressortir les rollers pour transpirer sur la piste de danse. Ca tombe bien, chacun de leurs albums est littéralement la bande-son de vidéos de skate éponymes.

Kero Kero Bonito – Time’N’Space

Au premier abord, les anglais de KKB pourraient faire penser à ces amis un peu gênants qui vous saoulent en permanence avec le Japon et dessinent des manga parce que tu comprends, ça c’est de la vraie BD. Ca serait pourtant passer à côté d’un groupe aux influences assurément très J-Pop, mais qui les digère bien et en tire quelque chose à sa sauce sans pour autant en sortir un truc caricaturalement gênant. Et malgré sa bonhomie et sa prétendue simplicité, se cache une vraie perle pop et qui se permet de partir dans plein de directions sans jamais se perdre.

Les singles

GNOD – Donovan’s Daughter

Une de mes grandes passions dans la vie sont les morceaux longs. Très longs. Qui explosent largement le compteur des 10mn. Ca tombe bien, GNOD a pensé à moi cette année en ouverture de leur « Chapel Perilous ». Etrange choix quand on sait qu’en général ce genre de morceau est plutôt réservé pour clore un album plutôt que d’en ouvrir un. Mais GNOD rentre direct dans le tas en nous servant une épopée Noise rock qui ne cesse de gagner en puissance pour véritablement exploser dans un bouquet final complètement dingue. Il réussit également l’exploit d’être un véritable « tube » que n’auraient pas reniées les « radio rock ». Seulement voilà, il ne fait pas 4 minutes, mais 15, du coup on le garde précieusement pour nous.

Sitcom – Everywhere Man

« Mais Guillaume tu écoutes tout le temps de la musique triste ou bizarre ». « C’est faux », réponds-je d’un air vexé, la preuve avec Sitcom, dont l’album « Be The One You Love » (et sa très laide pochette) est un véritable rayon de soleil… sur votre plage… du quotidien… Probablement pas un album qui révolutionnera la musique en général, mais un album de pop solide, chill et enjouée qui aligne tube sur tube, dont ce « Everywhere Man » que j’ai fredonné à l’envie pendant toute cette fin d’année.

Viagra Boys – Sports

J’aurais pu vous parler d’Idles, que j’aime beaucoup, mais j’imagine que vous allez les retrouver dans 8 tops musicaux sur 10. Et donc comme j’aime bien faire mon malin, je m’en vais vous parler de leur équivalent suédois, Viagra Boys. On pourrait croire à un cover band synthwave de Patrick Sébastien avec un tel nom, mais ils donnent plutôt, comme leurs comparses de Bristol, dans le post-punk sautillant et bruiyant, en un poil plus crade et je m’en foutiste. La preuve avec ce titre « Sports » tiré de l’EP éponyme (et de l’album « Street Worms ») qui consiste en une énumération de sports en tous genre entrecoupé de beuglements dans lequel on croit comprendre « Sports » . C’est con, ça marche, c’est fun et ça donne envie de casser des raquettes par terre . Que demander de plus ?

Thom Yorke – Suspirium

Je sais qu’on m’a dit que 3 morceaux mais j’en cale une quand même rapidement pour le sublime thème du remake de Suspiria composé par le leader de Radiohead. C’était pas évident de proposer quelque chose de différent et de qualité après le film de Argento et la B.O. signée Goblin. Les deux ont été réussis haut la main.

Les concerts

Vampillia / V.M.O – Roadburn Festival

Tout droit venus du Japon, les membres de Vampillia et V.M.O. (2 groupes mais avec les mêmes membres) n’étaient pas là pour enfiler les perles. Qualifier la musique de Vampillia est difficile, c’est pourquoi mon camarade festivalier présent à mes côtés l’a parfaitement résumé ainsi : « c’est toutes les musiques en même temps ». Quand à V.M.O. (pour Violent Magic Orchestra), projet initié, entre autres par notre Mondkopf national, ils te foutent au sol avec une techno/grindcore cradingue hurlante, tous stroboscopes dressés en pleine face. Les Japonais ont assuré le show, déboulant fréquemment dans le public, lançant les pits, marchant littéralement sur nos têtes, débordant de leur case horaire prévue… Jamais une fête n’aura été aussi folle et mémorable et clôturait parfaitement cette édition 2018 du Roadburn.


Death Grips – Elysée Montmartre

Après un rendez-vous manqué au festival « This is not a love song » en 2017 (rien à redire sur le concert ou le festival en soi, mais un public déplorable qui ne comprenait pas ce qui se passait sur scène, mélangés aux gros camés relous, ont bien gâché la fête), j’ai pris ma revanche en ce mois de septembre à Paris, où le trio californien venait défendre son dernier opus « Year of the Snitch ». Seulement 1h de concert, mais la bande à Zach Hill t’en donne pour ton argent, ne s’arrêtant jamais, et donnant tout ce qu’ils peuvent pour finir aussi épuisés que le public. Les retrouvailles ont été fantastiques et sentaient bon la sueur et la bonne humeur.

Depeche Mode – Festival Beauregard

Mon quota « vieux croûton » de l’année. On pourrait encore se demander comment Depeche Mode tient encore fringuant et vaillant en 2018, alors qu’on aurait très bien pu le ranger aux côtés de tous ces groupes new-wave one shot des années 80 et refermer le tiroir à clef. Mais en voyant le groupe sur scène, on comprend pourquoi. Sans de véritables gros artifices, excepté un écran géant faisant office de décor, le groupe sait encore jouer parfaitement ses plus grands tubes, et ses chansons les moins connues. Et bien évidemment, Dave Gahan, cabotin comme c’est pas permis, sautillant dans tous les sens avec une joie vraiment communicative. Un concert vraiment mémorable. Encore plus quand on sait que je l’ai vu gratuitement.

Attentes 2019

Joe Hisaishi en concert

Dire que j’attends de voir ça depuis environ des années est un euphémisme : en février prochain, j’aurai la chance de voir enfin Monsieur Joe Hisaishi en concert, qui plus est dans le cadre de la Philharmonie de Paris. J’essaie de me contenir pour que ça soit encore plus beau et éviter d’être déçu, mais je suis littéralement comme un gosse.

Le Hellfest

Comme tous les ans, j’attends également mon rdv habituel de l’année, le hellfest. On peut dire ce qu’on veut de ce festival, que les « trve metallevx » ne cessent de plus en plus conspuer, c’est un festival qui sait recevoir, sait programmer, et sait s’organiser. Un comble quand on sait que c’était exactement l’inverse à ses débuts et qu’ils étaient conspués pour ça. Les festivaliers : jamais contents.

My Bloody Valentine / Butthole Surfers / Chromatics

En termes d’albums, je ne sais pas encore exactement ce qui sort. Néanmoins, je sais que My Bloody Valentine et les Butthole Surfers ont chacun un nouvel album dans les tuyaux, en espérant en voir la couleur en 2019. Pour le reste, j’attends d’être surpris. Ha, et que Chromatics se décide enfin à sortir « Dear Tommy » parce que ça fait littéralement 5 ans qu’on attend.