Chalk – Crystalpunk

Lopocomar
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7
Review Overview

Après une trilogie d’EPs portant le nom de Conditions, les étudiants en cinéma n’ont pas eu de mal à se trouver un son, un public et un pont entre l’énergie du post-punk et les beats brulants de l’électro. La question se pose : qu’en faire maintenant ?

On vous avait prévenus. Pendant deux ans à observer la montée en pression du trio, le point de rupture était inévitable. Après avoir disséqué leurs EPs comme autant de courts-métrages sonores, où l’urgence post-punk se cognait à la moiteur des clubs techno, Chalk franchit aujourd’hui le cap du premier album avec IDC. Si l’on connaissait leur talent pour transformer la claustrophobie industrielle, ce nouveau disque déroute. Entre l’ombre de leurs débuts et une mutation sonore attendue, le trio confirme qu’il ne veut pas répondre aux attentes. Ceux qui les ont vu en concert l’an dernier ou sur leur récent passage chez KEXP savent que de nouveaux morceaux prenaient le virage de l’auto-tune et des compositions assez cavalières comme Longer et son rapprochement vers… Tears For Fears. Cet album est typiquement de ceux qui ne veulent pas choisir avec quasiment un style différent par titre parmi lesquels on jongle constamment.

 

Le titre éponyme semble être le plus représentatif, celui qui embrasse le mieux ce mélange hybride d’énergie brute des débuts et de cette orientation nouvelle plus grandiloquente. Ensuite chaque morceau s’applique à aller au bout de son délire : les 8 minutes de la trippante Béal Feirste et son retour aux influences d’Underworld qu’on appréciait déjà beaucoup sur leurs EPs, la fugace Tongue en intro ou l’horrible One-Nine-Eight-Zero sortie tout droit du dancefloor du purgatoire. Dans sa construction, la setlist se focalise au milieu sur les nouveautés pour mieux enfoncer le clou de ce qui a fait leur renommée sur le dernier tiers : un pari qui permet de garder une bonne impression général malgré un trou d’air d’une dizaine de minutes.

 

Représentatif d’une génération qui n’en a rien à foutre des genres musicaux et des étiquettes d’antan, Chalk fait ce qu’il veut et ça s’entend. Pensé pour le moment comme étant l’unique album de leur discographie, on est curieux de voir comment le public va le recevoir et comment ils assumeront ce statut de poseur qui peut leur coller à la peau. Empruntant autant à NIN qu’à Orbital, ils seront de toute façon partout en live en salle en avril et notamment à la Rotonde du Botanique de Bruxelles le 10, Paris le 11 au Trabendo et Grenoble à l’Ampérage. Vous y trouverez d’ailleurs le gant qu’on peut voir en pochette porté par Ross Cullen qui assume se transformer en « connard de rockstar » le moment échéant.

 

Pour en savoir plus sur le groupe, vous pouvez relire notre chronique de leur EP Conditions II et notre interview réalisée à l’époque de leur premier concert en France aux Transmusicales.

 

 

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