Trois mecs de Newcastle fraîchement débarqués à Brighton avec un deuxième album nommé Holy Doom dans les bacs le 26 Mars, les Demob Happy sont déjà nos nouveaux potes, où on a parlé déménagement, QOTSA et premières fois. Matthew au chant-basse, Thomas à la batterie et Adam à la guitare. Interview en direct du tourbus partagé avec Frank Carter, juste avant leur première partie qui a soufflé le Trabendo.

Vous allez sortir votre deuxième disque que j’ai eu la chance d’écouter et d’aimer, qu’est-ce que vous avez à raconter ? 

On est contents que tu l’aies aimé, on l’aime beaucoup aussi et on est contents de le sortir la semaine prochaine. On n’en peut plus d’attendre que les gens l’entendent. Ça fait 2 ans et des depuis le premier disque donc ça commence à faire un peu de temps. Pour nous, c’est un renouveau pour une présence plus fréquente : plus de sorties, plus de concerts. On est excités !

J’ai lu que pour votre disque précédent, vous vous étiez retirés dans un chalet pour être au calme. Où vous vous êtes installés pour enregistrer “Holy Doom” ? 

On a fait la même chose, au même endroit. On a enregistré au pays de Galles où ça ne coûte absolument rien. Ça prend un jour pour y aller, c’est au fin fond du pays et une fois que tu y es, tu ne peux rien faire. Aucun d’entre nous ne peut conduire donc on est coincés là-bas. On peut rester dormir et l’an passé, on est restés 6 semaines pour faire nos démos et répéter. On a fait un bout du premier album et un EP là-bas mais l’enregistrement se fait plutôt en Angleterre dans un studio. 

Est-ce qu’avoir déménagé à Brighton est un changement radical pour vous et pourquoi l’avoir fait ? 

Nous voulions voir quelque chose d’autre car nous ne connaissions que Newcastle. La ville ne propose pas de scène à proprement parler et peu de monde se déplace aux concerts, même si ça s’est arrangé ces derniers temps. Brighton est proche de Londres, sans être aussi cher. Des potes ont emménagé également donc ça avait l’air d’être un bon moment pour le faire. Le choix est apparu comme une évidence, on a pris nos affaires et on s’est barrés en train avec notre matos. On est allés chez un agent immobilier pour trouver une maison pour nous trois. A Newcastle, on avait fait la même chose et trouvé sur la journée. À Brighton, c’était une période où les étudiants emménageaient donc ça a pris une semaine. On a dû squatter dans la même chambre pendant une petite semaine. 

L’enthousiasme à Brighton pour les concerts est palpable en comparaison. A Newcastle, tu dois vraiment prospecter pour amener des gens à ton show et éviter qu’ils partent en boîte à la place.

Vous reconnaissez que la scène de Newcastle est assez calme. Est-ce que vous avez un groupe de potes de là-bas voire de Brighton à nous recommander ? 

Il y en a quelques-uns:  Sick Joy par exemple, ce sont des copieurs. (rires). Black Honey, présent au festival de QOTSA fin juin à Londres. Beaucoup de groupes débarquent dans la ville ces derniers temps mais il est rare de trouver des groupes issus de là en particulier. 

“Songs For The Deaf? Une des meilleures chansons rock de l’histoire qui en plus m’a forcé à bosser la batterie jusqu’au point de la passer.”

Les premières fois

Pour être honnête, je ne vous connaissais pas avant la semaine dernière et l’annonce de cette première partie. Comme c’était votre premier show en France hier à Lille, j’ai donc quelques questions “première fois”.  

Premier disque acheté ?

M : Original Soundtrack par 10 CC.

A :  Mon frère écoutait les Spice Girls, ma mère écoutait la brit-pop. Autour de mes 14 ans, j’étais sur Radiohead et les Beatles et tous les classiques que tu peux découvrir autour de ça. 

T : Will Smith, Big Willie Style. “Miami”, “Getting Jiggy With It”, tous les tubes. Et les Blues Brothers en parallèle, en disque et film. 

Premier concert vu ? 

M :  Ce n’est pas un truc cool et je ne sais pas pourquoi je me suis retrouvé là-dedans. Un groupe pour lequel je n’ai aucune affinité qui s’appelle A Hundred Reasons. Par contre mon deuxième est beaucoup plus cool car il s’agit de Death From Above en première partie de Metric. Je préférerais que tu retiennes celui-ci. 

A : Rodrigo y Gabriela

T  : Shirley Bassey en extérieur, avec de la famille. Il pleuvait comme pas possible, la production était énorme c’était dingue.

Premier groupe ? 

M : Celui-ci, je crois. J’ai eu un premier groupe au lycée avec des potes avec un nom à chier de groupe d’ados. Demob Happy, depuis 10 ans. 

A : J’avais un groupe au début du genre Lost Diego. Et à la première répétition, je me suis pointé sans guitare car je croyais qu’il y en avait une au studio. Je les ai donc regardés. Et au deuxième, on était que 2 car 2 autres ne se sont pas pointés. On s’est donc retrouvés à démarrer Demob Happy avec Matthew comme ça.

Toujours dans les premières fois, j’ai lu que vous aviez fini votre premier show par une cover de “Song for The Dead” ? 

Ça, ce sont des recherches sérieuses, mec ! En effet, on a fait ça parce que bon, est-ce qu’il y a moyen de faire mieux ? Une des meilleures chansons de l’histoire qui, en plus, m’a forcé à bosser la batterie jusqu’au point de la passer. Je n’avais pas envie de la ralentir. Récemment, on l’a joué en répétition et qu’est-ce que c’est bon putain ! Ça faisait un bail qu’on ne l’avait pas jouée et je pense qu’on l’a plutôt réussie. On devrait la refaire ce soir. (rires) 

Les Paradis Artificiels 2018 – Lille

What’s next?

C’est quoi la dernière chose à vous avoir fait marrer en tournée ? 

A Lille hier en interview, un mec s’est perdu dans ses questions. Et avec sa feuille dans les mains, il s’est retrouvé à dire “Je ne sais plus qui je suis”. Au lieu de “Je ne sais plus où j’en suis.”

J’en pouvais plus, on a commencé à claquer une énorme barre.

C’est très français, cliché du français dépressif comme lapsus. Qu’est-ce que vous faites après cette tournée ? 

Là, c’est notre tournée la plus longue. On tourne pendant 2 semaines et on se retrouve en Angleterre pour quelques jours off avant de repartir en tournée pour nos propres concerts là-bas pour “Holy Doom”. Avec un peu de chance, on arrivera à tourner en Europe mais à mon avis, ce sera plutôt en septembre. 

Pour finir, est-ce que vous avez une anecdote drôle à partager à propos d’un artiste que vous appréciez et que vous avez pu croiser en tournée ? 

J’ai eu un moment assez consternant quand nous étions en tournée avec Death From Above. C’est la première fois où je rencontrais un de mes héros, ils étaient tout pour moi et je me retrouve avec Sébastien au moment du catering. J’étais tellement en train de me conditionner depuis quelques jours pour ne pas être stressé face à eux que ça a eu l’effet inverse. Au lieu d’être normal et détendu, c’était tout l’inverse. J’avais un discours super chiant plaintif et dépressif où je me plaignais de la vie de musicien, de tournée alors que c’est complètement faux. Je m’entendais et je n’arrivais pas à être autre chose que ce mec chiant et un peu loser. Surtout que c’était complètement faux. Et ensuite, il est parti et je ne l’ai jamais croisé depuis. Je me suis dit qu’il a dû penser que j’étais super relou, c’était une sorte de leçon sur comment foirer une rencontre avec quelqu’un qu’on admire. 

Hum, ce n’est pas très drôle. Ha oui, on a bu des shots de tequila avec Josh Homme ! Mon frère est encore plus fan que moi de QOTSA et ne se sentait plus alors il nous a payés une tournée. Il a tendu le shot à Josh, qui lui a dit merci et a plié le truc en deux secondes car c’est une putain de légende. Mon frère a regardé le reçu, la bouteille et serré le poing en signe de victoire. Alors que d’autres personnes dans ce bus n’ont pas assumé de la même manière. Le batteur s’est endormi après quelques shots et Josh Homme lui a caressé les cheveux. (rires intempestifs)

Pfiou, c’est sur ma liste de trucs à faire. J’ai hâte de les revoir à Londres pour leur festival fin juin !

On y sera aussi, mon frère m’a acheté des places et nos potes Death Valley font partie de l’affiche. Ça va être une bonne journée. (rires)

On n’en a pas fini avec eux, la chronique d’Holy Doom est déjà écrite et on te conseille vigoureusement d’écouter leurs disques avant un éventuel passage en France.