Demob Happy – The Growns Ups Are Talking

Lopocomar
3 min. de lecture
8
Une valeur sûre !

Dans un monde où la musique à guitares prendrait plus de place, Demob Happy pourrait vivre comme des princes. Sévèrement référencés, ils ont cependant cette qualité d’ajouter leur patte et ne laissent aucun doute sur leur capacité à délivrer des morceaux puissants, mélodieux et efficaces. À l’heure du quatrième album, est-ce qu’ils sont en mesure de franchir un cap ?

En 2018, nous décrivions le trio comme un mélange entre les Queens of The Stone Age et les Beatles. Six ans plus tard, les voici à la tête d’un disque enregistré dans le mythique Rancho de la Luna. Autant dire clairement sur les terres de leur référence ultime. Cocher la case est une chose, lui faire honneur en être une autre : pas de panique, le son de The Growns Ups Are Talking est la preuve que le groupe a pris la mesure de l’événement. Rien que par son premier quart d’heure et ses trois titres introductifs, le disque nous envoie certaines des meilleures minutes du rock “à l’ancienne” entendues depuis un bail. Depuis 10 ans, le post-punk, la noise et le post-hardcore prennent tellement de place que ce style serait presque devenue une anomalie. Avec ses influences bien digérées et sacrément bien exécutées, Demob Happy devrait embarquer très vite tous les curieux pour découvrir la suite de la tracklist.

 

Surprise, l’album arrive à garder son intérêt sans forcément garder le pied au plancher. Who Should I Say is Calling et son flow funky nous envoie dans les seventies, là où Miracle Worker en deux parties continue de faire basculer vers une ambiance plus glam et psychédélique. Le groupe arrive sans se perdre, ni se prendre les pieds dans le tapis à marier ses orientations. Les amoureux de leur approche plus féroce leur reprocheront sûrement d’avoir tout balancé dès le début et de réveiller la bête seulement à la fin avec Little Bird, une remarque juste mais plus à attribuer à l’ordre des titres qu’à un disque déséquilibré. Alors que cela fait déjà 10 ans que ces 3 potes battent le pavé, ce quatrième effort traite du deuil et des démons personnels sans jamais verser dans la complainte. Une énième démonstration de l’envie de Demob Happy de se dépasser, d’utiliser la musique comme moyen de retranscrire leurs émotions et de la transformer en un moment fédérateur et communicatif. Une mission totalement accomplie avec ce nouveau disque qui va bien plus loin qu’une collection de clins d’oeils aux légendes les ayant inspirés.

 

Pour en savoir plus sur le groupe, vous pouvez relire notre chronique de leur Holy Doom et notre interview réalisée à l’époque de sa sortie.

 

Une valeur sûre !
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