Votre mot de passe vous sera envoyé.

Après un Trabendo et la sortie de leur second album l’an passé, FIDLAR nous rend à nouveau visite avec une Maroquinerie. Le groupe au complet a répondu à nos questions, même si pour la plupart des réponses c’est leur chanteur Zac Carper qui a pris le micro.

Annulation

Comment vous avez appris les évènements de novembre ayant amené l’annulation de votre dernière date ici à Paris ? 

Nous jouions à Londres le soir-même. Nous étions partis nous coucher lorsque Max l’a lu sur son téléphone. On s’envoyait des textos avec l’un des membres d’EODM car on était prêts à se retrouver dans une ville où nous étions en tournée tous ensemble. On a joué le lendemain, le promoteur le souhaitait : c’était bizarre mais bon.Après on a squatté en Allemagne un temps où on a joué à Berlin, puis Utrecht. Notre concert à Bruxelles a par contre été annulé dans la foulée parce que la ville était bouclée. 

Ma première fois avec vous, c’était au Trabendo en avril l’an passé. J’ai été sur le cul, j’ai même vu un mec faire un putain de salto sur la foule. Un an après la sortie de l’album, comment ça se passe ?

Plutôt cool en fait. Là, on enchaîne quelques dates avant de prendre la route des festivals d’été en Europe. On essaie cette année de jouer dans pas mal d’endroits où nous sommes jamais allés : Pologne, Norvège, Portugal, Espagne… C’est fun ! 

Pendant la sortie de Too, la plupart des interviews reprennent ton parcours vers la sobriété. Comment avez vous vécu cette mise à nue avec les médias ?

Zac : Je me suis senti bien pour être honnête. C’est du passé maintenant mais à cette période, c’était tellement le bordel dans ma tête. De l’eau a coulé sous les ponts depuis, maintenant c’est juste la vie. J’essaie bien sûr de rester sobre et c’est tout. On essaie juste d’être un groupe. C’est pas comme si on s’était dit : «  sur le premier disque, ce sera la défonce et le second, on sera clean. »

“On essaie juste d’être un groupe”

Ce qui est bizarre, c’est que cet angle est vraiment apparu avec les médias US via les interviews et les reviews. De France, on se rendait compte de rien. 

Les paroles sont différentes mais je peux comprendre que d’un point de vue non-anglophone, on peut ne pas rendre compte automatiquement que l’ambiance  a changé. 357-FIDLAR Promo Photo 1

Vous avez fait des déclarations dans ce sens donc je ne vais pas vous surprendre non plus mais pour moi votre premier album est un classique. Un qu’on écoute en headbanging, en boucle et toujours avec le même plaisir. Même à la 100eme écoute. Dans quel état d’esprit vous étiez afin de lui donner une suite ? 

C’est un peu comme si tu avais toute ta vie pour sortir ton premier album. Ensuite, ça devient une routine : tournée pour un temps, studio ensuite et ainsi de suite. Ca peut être difficile mais on essaie vraiment de savoir ce qu’on veut. Ce qui est sûr, c’est que le travail a été complètement différent entre le 1er et le second.

A l’époque du premier, on ne tournait pas du tout : on vivait et on bossait. Au second, c’est un vrai travail. C’est une ambiance radicalement différente. Le deuxième disque est une étape difficile pour les groupes. On sait quels lieux choisir pour tourner, quand retourner à la maison, trouver l’équilibre pour être là au bon moment.

FIDLAR N°3 ? Pas tout de suite

Comment vous bossez au fait ? Jam et compositions ou direct en phase de composition ?

On commence par les fondations, en jammant et en cherchant des riffs et ensuite on construit ce qui manque. Mais il n’y a jamais qu’une approche. Parfois, on part aussi d’une idée toute faite. Mais on préfère vraiment une approche collaborative. En tant que chanteur, je ne joue pas de basse ni de batterie donc je suis preneur de l’avis des autres : je ne sais pas tout. (rires)

Est ce que vous êtes déjà en train de penser au prochain disque ?

Nous sommes au tout début : on n’a quasiment rien fait. On attendra la fin de la tournée pour savoir ce que ça donnera.

Max, tu sais surfer maintenant ? 

NON ! J’ai essayé. 
Moi aussi, j’ai essayé en Australie lorsqu’on avait quelques jours off mais merde, c’est dur. Histoire d’équilibre et de force dans les bras, après tu te fais traîner comme une merde sur une vaguelette. (rires)

Vos vidéos et vos délires sur Instagram : ca vient de qui ? 

Les Matinee Mondays, c’est Zac et son frère qui ont eu ses idées. 
Sinon c’est quiconque du groupe prenant une idée à la con et essayant de la mettre en scène.

Californie, écoutes et plaisir

J’ai lu que vous ne croyiez pas à la notion de plaisir coupable. Quelles sont les chansons pops que t’écoutes en boucle ?

J’étais en Angleterre pendant 2/3 semaines et j’ai découvert Grimes, Skepta, Dizzee Rascal. J’ai trouvé ça super intense, prenant, violent, agressif. On pourrait appeler ça du plaisir coupable mais j’ai kiffé ! (rires) 

Je suis allé à L.A cette année et il faut avouer que c’est une ville plutôt difficile à parcourir : immense et impossible à découvrir sans bagnole. C’est quoi vos spots là-bas ? 

J’aime bien voir des groupes à l’Echo, c’est le meilleur endroit pour les petits groupes. Topango Beach est très jolie pour chiller. Solstice Canyon, c’est un coin pour la rando. Il y a pas mal de petites perles cachées du côté de Malibu également. Pour manger du poulet dans Chinatown, il y a Howlin’ Ray’s. C’est très populaire, il n’y a pas mal de queue mais ça vaut le coup. Il y a aussi des cinés spécialisés dans le retro et les docus musicaux. Et toi, qu’est-ce que t’as fait là-bas ?

Je suis allé en Californie faire une boucle de Los Angeles à San Francisco par les terres en finissant par la côte pour revenir à L.A. J’ai adoré et pour parler musique, j’ai vu Young Fathers à SF, c’était complètement maboule. Pour revenir à nos histoires, c’est quoi le dernier truc qui vous ait fait marrer en tournée ? Une anecdote à la con, un running gag… 

Ils se regardent tous d’un air entendu à propos d’une chose qu’ils ne peuvent visiblement pas me dire. S’ensuit un échange sur des paroles d’un morceau modifié pour enchaîner sur des blagues de culs. 

En fait, Max était claqué : on lui demandait son passeport au ferry. Le mec a tendu ses papiers et s’est recouché direct sans même attendre qu’on lui rende. Au radar, complet. Sinon Brandon est allé sur le toit du bus l’autre jour. Et s’est endormi hier soir avec une bouteille de whisky dans la main et une pinte de bière dans l’autre. A chaque fois que j’essayais de lui prendre, il grognait. (Le tout expliqué par Zach me montrant les photos de son Iphone.)

Ça fait combien de temps que vous êtes ensemble ?

2009 ! Oh merde le temps passe ! Brandon devait nous acheter la bière car on n’était pas tous majeurs. Je me souviens de soirées à Echo Park. Bref, comment ça se passe maintenant les concerts depuis novembre dernier ?

Ça va. J’ai l’impression que c’est assez vite revenu à la normale. La première semaine après les évènements, je suis allé voir Protomartyr 5 jours après : ça avait l’air bizarre mais avec quelques bières on a arrêté de regarder les sorties de secours. J’ai un excellent souvenir du live des Savages le 1er Décembre où elles ont repris EODM avec toute l’émotion qui allait avec. Dernière question : qu’est-ce que vous écoutez en ce moment ?

Elvis : Rien de spécial mais je regarde Six Feet Under.
Brandon : un podcast sur les étoiles, Starstruck.
Zac : J’écoute beaucoup l’album de RATM Battle of Los Angeles qui me rappelle les évènements du moment. Quand je regarde un truc en ce moment, c’est la série Preacher qui vient de débuter sur AMC. Sinon j’écoute aussi Violent Soho que j’ai découvert lorsqu’on était en Australie. S’ensuit un long échange sur la scène australienne avec notamment les DZ Deathrays, Dune Rats et bien sûr King Gizzard. 

Comme ils sont très sympas, ils m’ont aussi demandé ce que j’écoutais en ce moment avant de filer pour une autre ITW. Fidlar, une bande de potes bien cool dans l’échange et très drôle. Un concert dantesque suivra avec une avalanche de bières, de riffs et de slams et dont vous pouvez lire le report ici.