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Il était impossible que nous passions à côté du retour de Metz en France prévu le 31 août au Petit Bain. Enfin là pour nous présenter en live leur dernier album Atlas Vending sorti en octobre 2020. Et aussi pour nous parler de Weird Nightmare, projet solo du chanteur Alex Edkins avec qui nous avons pu discuter.

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Un album solo comme occupation.

Comment se passe ce retour en France pour la première fois depuis 2017 ?

La tournée est bonne pour le moment avec des dates en province qui selon moi sont parmi les meilleurs qu’on ait fait en France. Un nombre de dates assez resserré, un public réceptif. On travaille avec le même booker depuis 10 ans et c’est cool de voir qu’on étende les concerts sur tout le territoire.

Parlons de Weird Nightmare. C’est un projet solo qui vient compiler des chansons des titres que tu as écris pendant les confinements et aussi d’autres que tu avais en stock, non ?

Ce sont majoritairement des nouvelles chansons. C’était une manière de rester occupé et sain d’esprit pendant la pandémie. C’est ce qui est sorti, de la musique plus légère et mélodique. Ce n’était pas prémédité donc c’est une belle surprise. J’en ai profité aussi pour reprendre quelques vieilles démos qui n’avaient jamais servis pour Metz. Elles n’avaient pas fonctionné donc les voici. C’était une manière de trouver de la joie dans cette période flippante. Je suis très fier du résultat et qu’il soit disponible pour tous. Ce n’était pas intentionnel : je suis parti du constat que si un charpentier construisant des choses pendant cette période, je devrais faire de la musique.

C’est la première fois que tu enregistrais tout en solo. Le fait d’être isolé à cause du COVID t’a permis de creuser cet aspect techniquement et de te renseigner ? Ou tu y es allé à l’instinct ?

Je n’ai pas de studio et je voulais garder une approche lo-fi. J’ai bossé en studio après le lycée donc j’avais des bases mais je ne suis pas un pro n’ai pas cherché à apprendre plus. Je voulais avoir le bon son et ne pas trop en faire. C’est ce que tu peux entendre dans le résultat final et c’est ce que je voulais.

C’est évident, les univers de Weird Nightmare & METZ sont très, très différents. Voire opposés. Chaotiques et désespéré d’un côté, naïf, innocent et plutôt optimiste de l’autre. Ca a joué dans la concrétisation du projet de pouvoir jouer avec une nouvelle palette d’émotions ?

J’ai laissé la musique venir. Quand tu travailles sur de la dissonance et des accords très énervés, c’est sûr que ce qui ressort n’est pas très romantique. Ça te met dans un état d’esprit particulier. En plus, tu as Chris et Hayden qui est l’une des sections rythmiques les plus agressives de tous les temps. C’est intense et ça vient souvent de frustration et de colère.

Mais quand j’étais seul, j’ai aimé ces suites d’accords et ces mélodies. C’est pourquoi j’ai commencé à parler d’amour et de sentiments. C’est une autre partie de moi je suppose qui s’est révélé avec la période.

En termes d’influence musicale, pour te mettre dans l’ambiance, est-ce que tu as écouté un certain type de musique ?

J’écoute beaucoup plus de musique « calme » que ce que les gens pourraient penser. Aussi parce que je suis très critique et snob envers la musique heavy. Il n’y a que quelques groupes que j’apprécie alors qu’en pop, je peux être plus tolérant et trouver ce que je cherche. Bien sûr, j’adore une tonne de musique heavy mais  comme j’ai un enfant de 6 ans, je ne joue pas du Slayer à travers le salon tous les jours.

Certains de ses titres viennent de démos datant de 2013. Comment tu as décidé finalement de faire le tri et de te dire « non, celle-là c’est définitivement pour un autre projet » ?

Si elles n’étaient toujours pas sur disque, c’est qu’il y avait une bonne raison. C’est aussi ça d’être trois dans le groupe. Par exemple, je peux apprécier une certaine mélodie mais si ça ne suit pas avec le jeu de batterie d’Hayden, je ne vais pas lui demander de se plier au rythme de la chanson. A moins que ce ne soit son souhait et c’est très bien comme ça. C’est plus fun si on a une idée qui nous plaît à tous les trois.

Se laisser porter.

Côté backing vocals, t’as Bully qui t’as aidé sur ‘Wrecked’ et Chad Van Gaalen sur ‘Oh No’.  Ces deux titres apportent vraiment quelque chose de différent. Comment se sont développés ces collaborations ?

Tout le projet s’est déroulé naturellement. Je n’ai jamais vraiment réfléchi, j’y ai pensé et dans la foulée, j’écrivais le mail pour parler de mon idée à la personne en question. Ça a été le cas pour Alice et Chad. Pour Chad, c’est quelqu’un que j’apprécie beaucoup pour sa production et pour son jeu. On se connait mais on n’est pas amis pour autant. J’ai donc tenté le coup en me disant « et merde, à quoi bon ! » et c’est passé ! En me disant que la vie était trop courte pour se prendre la tête. Tout a été super simple sur ce disque et ce n’est pas toujours le cas donc j’en suis super satisfait.

Est-ce que tu as été accompagné dans la conception de l’album pour les batteries, la basse ou t’as tout fait tout seul côté instruments ?

C’est un musicien canadien, Loel Campbell, qui s’est occupé de la batterie. Il a été assez bon pour reproduire ce que j’avais fait en programmation. On se connaissait, on avait bu des coups ensemble mais rien de plus. Si il n’avait pas été là, le résultat aurait été complètement différent. Je lui ai envoyé les pistes, il était dans son studio sur la côte Est et il m’a permis de garder le train sur les rails.

Comme d’habitude avec Metz, l’univers visuel autour de Weird Nightmare est très travaillé. Quels sont les artistes avec qui tu as travaillé cette fois ?

Paul Anderson s’est chargé de la pochette. C’est un artiste que j’adore, il avait déjà fait un t-shirt pour Metz dans le passé. Je suis allé chez lui et il m’a laissé choisir parmi des centaines de dessins. J’ai littéralement bloqué sur ceux-là, au lieu de partir sur des photos de mon père comme on a pu le faire pour les pochettes de Metz.

Ce n’est pas vraiment un album solo en réalité ? (rires)

T’as vu ça ? On n’arrête pas de citer d’autres personnes ! Graham Walsh a aussi aidé, Seth Manchester qui a bossé sur Atlas Vending a aussi participé, Mikey des Total Control s’est chargé du mastering.

Est-ce que le fait d’être père a influencé ou accéléré cet album pour permettre à ton fils d’écouter plus rapidement la musique que tu fais ?

J’avais jamais pensé à ça ! Je pense que si c’est le cas, c’est inconscient parce que je ne suis pas assez intelligent pour l’anticiper. (rires)

Il aime ce qu’on a fait en bande-son avec Graham. Des sons un peu flippants, ça le fait marrer et il dit : c’est papa qui a fait ça. Sinon il aime Daft Punk et ce genre de sons. Je le vois bien dans le futur en train de se foutre de moi avec sa mère qui essaie de me faire mousser en passant ma musique. Être père, ça te donne envie de donner le meilleur de toi-même quoiqu’il arrive. Ces dernières années sont sûrement celles où j’ai été le plus productif et de loin. Peut-être grâce à lui, je ne sais pas.

En tout cas, ça a raccourci la durée de nos tournées pour sûr ! 10 jours et on rentre retrouver nos familles.

Metz fête ses 10 ans cette année. Vous ressentez quoi quand vous regardez en arrière ?

C’est dingue. C’est juste le son de trois mecs qui sont obsédés par la musique. On est complètement dedans. Je n’arrive pas à comprendre à quel point rien n’a changé entre nous trois alors que tout a changé dans nos vies. Je ne l’ai pas vu venir !

Et la suite arrive ?

On repart en studio dans deux semaines…

Je me souviens de ces débuts des années 2010 où vous êtes arrivés. Ainsi que Preoccupations, Protomartyr et tous ses autres groupes et vous fêtez maintenant tous vos 10 ans d’existence.

J’aime à penser que ceux qui sont toujours là sont ceux qui ont eu et ont encore quelque chose à apporter sur la table. Je les connais et je sais à quel point c’est difficile de faire ce métier. J’ai d’ailleurs du respect pour tous ceux qui essaient de le faire. On ne le prend pas pour acquis et on bosse comme des dingues pour y arriver.

En 2012/2013, on faisait quelque chose comme 150 concerts par an. Maintenant, on n’a plus envie d’être loin de nos familles trop longtemps et si tu concentres les dates sur une durée plus courte, je pense que tu peux sortir de meilleurs concerts.

La dernière chose que vous avez sorti pour le moment avec Metz est un split avec Adult Life.

C’est resté une démo pour longtemps et on l’a sorti comme ça. J’aime le fait qu’on soit capable maintenant de changer ce que peut être une chanson de Metz et d’en faire maintenant une partie importante de notre set.

Nous avons une autre collaboration qui arrive. Ça a démarré à partir des enregistrements d’Atlas Vending. Il nous restait une chanson et pendant la pandémie, j’ai envoyé ce titre à Joe Talbot d’Idles. On chante tous les deux et elle sort bientôt. C’est très cool de les voir acquérir ce statut de popularité aujourd’hui. Leurs sets sont puissants et ils envoient le bon message. Je n’ai rien que de l’amour, quelque soit ton style de musique, pour les artistes parce que je sais ce que ça demande.

Pour finir, je tiens à dire que vous revoir live à Paris, c’est un vrai retour à la vie normale et ça fait incroyablement plaisir.

Merci, on ne prend jamais ça pour acquis. Ça me fait penser à Jeff Tweedy de Wilco que j’ai vu en live récemment qui disait : « si vous appréciez ce que vous êtes en train de vivre, achetez du merchandising et autant de places de concerts que vous pouvez car c’est comme ça que vous pourrez. »

En parlant de musique, t’écoutes quoi en ce moment ?

Plein d’artistes et de styles différents : Sparklehorse, Sweet Promises, Sharhabil Ahmed, Troggs, The Velvet Underground, etc… (en regardant sur son téléphone)

En guise de rappel, notre chronique ainsi que notre interview de ce cher Alex à l’époque de la sortie d’Atlas Vending il y a un an.

Les studios d’Alex Edkins sont donc remplies de projets : avec METZ, en solo et avec d’autres. Leur concert au Petit Bain a encore été une démonstration et une énorme claque dans la face avec en plus un rappel, chose à laquelle nous n’étions pas habitué avec eux !

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It was impossible for us to miss Metz’s come back in France scheduled on August 31 at Petit Bain. Finally there to present us live their last album Atlas Vending released in october 2020. And also to tell us about Weird Nightmare, solo project of the singer/guitarist Alex Edkins.

How is this return to France for the first time since 2017?

The tour is good for the moment with dates in the provinces which in my opinion are among the best we have done in France. A number of dates fairly tight, a receptive audience. We’ve been working with the same booker for the last 10 years and it’s cool to see that we’re extending the concerts all over the country.

Let’s talk about Weird Nightmare. It’s a solo album made during the lockdowns and also others you had in stock, right?

It’s mostly new songs. It was a way to stay busy and sane during the pandemic. That’s what came out, lighter, more melodic music. It wasn’t premeditated so it’s a nice surprise. I also took the opportunity to re-work some old demos that had never been used for Metz. They didn’t work so here they are. It was a way to find joy in this scary time. I’m very proud of the result and that it’s available for everyone. It was not intentional: I started with the observation that if a carpenter was building things during this period, I should make music.

This is the first time you recorded everything by yourself. Did you dig this aspect technically or you went instinctively?

I don’t have a studio and I wanted to keep a lo-fi approach. I worked in a studio after high school so I had the basics but I’m not a pro. I didn’t try to learn more. I wanted to get the sound right and not overdo it. That’s what you can hear in the end result and that’s what I wanted.

It’s obvious, universes of Weird Nightmare & METZ are very, very different. Even opposite. Chaotic and desperate on one side, naive, innocent and rather optimistic on the other. Did it play in the concretization of the project, to be able to play with a new palette of emotions?

I listen to a lot more « quiet » music than people might think. Also because I’m very critical and snobbish towards heavy music. There are only a few bands that I like whereas in pop music I can be more tolerant and find what I’m looking for. Sure, I love a ton of heavy music but since I have a 6 year old, I don’t play Slayer through the living room every day. (laughs)

Some tracks come from demos made in 2013. How did you finally decide to sort it out and say « no, this one is definitely for another project »?

If they still weren’t on record, I assume there was a good reason. That’s also part of being three in the band. For example, I can appreciate a certain melody but if it doesn’t fit with Hayden’s drumming, I’m not going to ask him to bend to the rhythm of the song. Unless that’s what he wants and that’s fine. It’s more fun if we have an idea that all three of us like.

On the backing vocals side, Bully helped you on ‘Wrecked‘ and Chad Van Gaalen on ‘Oh No‘.  Those two tracks really bring something different. How did these collaborations started?

The whole project came together naturally. I never really thought about it, I just thought about it and then I would write the email and tell the person about my idea. That was the case for Alice and Chad. For Chad, he’s someone I really like for his production and for his guitar playing. We know each other but we’re not friends so I took a chance, said « what the hell! » and it happened! I thought that life was too short. Everything was super simple on this record and it’s not always the case so I’m super satisfied.

Were you helped in the conception of the album for the drums, the bass or did you do everything by yourself?

A Canadian musician from the band Wintersleep, Loel Campbell, did the drums. He was good enough to replicate what I had done in programming. We knew each other, we’d had a few drinks together but nothing more. If he hadn’t been there, the result would have been completely different. I sent him the tracks, he was in his studio on the East Coast and he kept me on track.

Like in Metz, you really paid attention to the visual aspect around Weird Nightmare. Which artists did you work with this time?

Paul Anderson did the cover art. He’s an artist I love, he had done a t-shirt for Metz in the past. I went to his house and he let me choose from hundreds of designs. I literally stuck to those, instead of starting with pictures of my dad like we did for the Metz covers.

It’s not a solo album in the end, right? (laughs)

Did you see that? I keep mentioning other people! Graham Walsh from Holy Fuck also helped, Seth Manchester who worked on Atlas Vending also participated, Mikey Young from Total Control did the mastering.

Does being a father influenced or accelerated this album to allow your son to listen to the music you make faster?

I never thought of that! I think that if it is the case, it is unconscious because I am not smart enough to anticipate it. (laughs)

He likes what we did with Graham (Holy Fuck) as a soundtrack. Some creepy sounds, it makes him laugh and he says : ‘daddy did that’. Otherwise he likes Daft Punk and that kind of sounds. I can see him in the future making fun of me while his mother is trying to get me to play my music.

Being a father makes you want to give your best no matter what. These last few years are probably the ones where I’ve been the most productive by far. Maybe because of him, I don’t know.

In any case, it has shortened the length of our tours for sure! 10 days and we go back to our families.

Metz is celebrating its 10th anniversary this year. How do you feel when you look back?

It’s crazy.

It’s just the sound of three guys who are obsessed with music. We’re totally into it. I can’t understand how nothing has changed between the three of us when everything in our lives has changed. I didn’t see it coming!

What’s next?

We’re going back into the studio in two weeks…

I remember those early days in the 2010s when you guys came along. So did Preoccupations, Protomartyr and all the other bands and now you’re all celebrating 10 years of existence.

I like to think that those who are still here are the ones who have had and still have something to bring to the table. I know them and I know how hard it is to do this job. I have respect for everyone who tries to do it. We don’t take it for granted and we work like crazy to get there. In 2012/2013, we were doing something like 150 concerts a year. Now, we don’t want to be away from our families for too long and if you concentrate the dates on a shorter duration, I think you can put out better shows.

The last thing you have released so far with Metz is a split with Adult Life.

It stayed as a demo status for a long time and we released it like that. I like the fact that we’re now able to change what a Metz song can be and it is now an important part of our setlist.

We have another collaboration coming up. It started from the Atlas Vending recordings. We had one song left over and during pandemic I sent that song to Joe Talbot from Idles. We both sing it and it’s coming out soon. It’s very cool to see them gain that popularity status today. Their sets are powerful and they send the right message. I have nothing but love, no matter what style of music you play, for the artists because I know what it takes.

Finally, I want to say that seeing you live in Paris is a real return to normal life and it’s incredibly pleasing.

A year ago we couldn’t do that. I saw Wilco recently and Jeff Tweedy said: « if you’re enjoying this, remember it and buy every goddamn piece of music and every concert ticket you can possibly buy« . He was spot on

Speaking of music, what are you listening to at the moment?

Lots of artists and different genres : Sparklehorse, Sweet Promises, Sharhabil Ahmed, Troggs, The Velvet Underground, etc… (while showing is phone)

As a reminder, our Atlas Vending review and our interview  made in 2020. 

Alex Edkins can’t stop making music: with METZ, solo and with others. The Metz concert was again a demonstration and a huge slap in the face. Even a pandemic crisis could not stop them to be this massive force on stage.