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Rendez-vous dans les coulisses de la Maroquinerie où on se retrouve dans la loge des Protomartyr où la descente en pression est totale entre session de Switch pour Greg la guitare, sieste pour Joe et chill pour les autres. C’est donc Alex le batteur qui se colle à l’interview pré-concert dans les bureaux de la Maro.

Interview, episode 2.

La dernière fois qu’on s’est vus, vous étiez à la sortie d’Agent Intellect avec des critiques positives dans tous les sens, des premières parties pour Ty Segall. Notamment la dernière fois au Cabaret Sauvage.

Oui, cette salle est vraiment cool. Elle ressemble à un cirque. Ty est vraiment le mec le plus sympa que tu peux imaginer. Lui et son groupe sont hyper cools. Ce show avec le masque de bébé était bien barré.

Avant vous jouiez au Point Ephémère juste après les attentats du Bataclan. Alors que tous les groupes cette semaine-là, tout le monde avait annulé.

On considère toujours ce concert comme notre meilleur. On a fait 3 rappels alors qu’habituellement, on n’en fait qu’un. Il y a même des chansons qu’on a joué en live ce soir là et c’est l’unique fois.
Pour l’annulation, on voulait jouer. On attendait juste l’accord avec le promoteur et la salle.

“Notre concert au Point Ephémère en 2015 est notre meilleur.”

Comment se déroule cette tournée ?

Très bien, c’est le dernier soir. 12 semaines de tournée, on a tourné avec Metz aussi. Ce sont nos potes depuis La Route du Rock en 2014.

Maintenant vous avez un nouveau label et il y a une certaine attente derrière ce disque. Pour Agent Intellect, vous m’aviez dit avoir plus d’instruments, plus de temps. Quel était votre état d’esprit avant d’y aller ?

A chaque fois, c’est plus structuré et pro. Sur celui-ci, on a eu 3 mois pour écrire tous ensemble. Avant, on prenait deux fois par semaine un moment pour se capter sur un total de 12 à 16 mois. On a eu ici 15 jours pour enregistrer alors que sur Agent Intellect, 7. Ça prend aussi plus de temps d’être inspiré et de ne pas se répéter.
En plus comme nous jouons beaucoup en concert, nous voulons être sûr de ne pas se retrouver rapidement saoulé par un titre.

Secrets de fabrication.

J’ai l’impression qu’il y a beaucoup de choses dans ce nouveau disque et qu’un grand nombre d’écoutes est nécessaire pour commencer à capter.

J’espère que le son de ce disque n’est pas trop distrayant. On veut qu’il y ait un arc, que ça reste cohérent. On a aussi amené Olivier de Cheveu. Ils ont tourné avec nous et aussi lui avec son autre groupe. J’ai bloqué sur l’usage du synthé et je me suis dit qu’en l’ajoutant à nos compos, ça donnerait quelque chose de différent. Il est venu sur les 3 derniers jours, une fois que tout était bouclé et c’était vital pour l’album.

On a rencontré Olivier à Detroit il y a 7 ans. Mais ils étaient aussi à la RdR de 2014. Ecoute aussi High Mate, c’est sorti l’an dernier et c’est vraiment excellent.

Comment ça s’est passé avec un nouveau producteur ?

Les précédents albums, on a tout produit dans le Michigan. Ici, on voulait tester quelque chose. Sonny a bossé avec les Dirty Projectors et Animal Collective.

Il a produit le dernier album de La Femme, un groupe français.

Ils sont bons ?

Hum, bon pour un groupe français peut-être. (rires)
Le problème d’une certaine scène française, c’est qu’elle est très référencée par rapport à ce qui est sorti dans les années 80 avec un groupe comme les Rita Mitsouko. De ce fait, c’est assez redondant voire risible parfois d’entendre toujours les mêmes sons et univers visuels. Après La Femme essaie de sortir des choses originales comme des morceaux de 7 minutes.

Des morceaux dansants de 7 minutes, ça a l’air cool. Sonny Diperri est très sympa et super pro. Il peut passer deux heures à enregistrer la guitare et enchaîner sur un autre instrument sans sourciller et en demander encore. C’était idéal.

Combien de temps ça vous a pris ?

L’écriture, de novembre à mars. On a amené 3 chansons et demis de tournées et du précédent album. Nous avons d’autres chansons déjà enregistrés de la même période, on prévoit sûrement un EP l’an prochain. Il y a des chansons très cools, plus longues mais qui ne correspondent pas à cet album. Alors qu’il y a certains de nos meilleurs titres.

“ll y a des chansons très cools, plus longues mais qui ne correspondent pas à cet album.”

Comment vous composez : la musique d’abord et Joe au chant ensuite ?

On avait l’habitude de tout faire ensemble, de la composition à la répétition. Au deuxième, on venait avec les morceaux et Joe s’ajoutait. Mais deux mois plus tard, on se retrouvait avec un des membres qui était saoulé par telle chanson. La guitare ne plaisait plus mais Joe aimait les paroles par exemple et on lourdait la chanson. Pour éviter ça, on joue maintenant la guitare et la batterie ensemble pour commencer et quand on sent que ça le fait, on l’envoie à Joe pour lui demander si ça vaut le coup. On la joue live, ca bougera sûrement en répétant, ce qui est ma partie préférée.

“The Chuckler”, vous pouvez m’en dire plus sur celle ci ?

J’ai vu ce film indépendant l’an passé, The Fits. C’est un bon film mais la B.O est très cool. Notamment une chanson qui s’appelle “Overpass”, la meilleure de toutes. Elle est très répétitive, basée sur des claquements de mains et ça donne un résultat très hypnotique. Avec un saxo par-dessus, dingue.

Avec Greg, on s’est regardés et on s’est dit qu’il fallait essayer de trouver une manière de s’en inspirer. Essayons d’être percussif, hypnotique, répétitif avec une guitare lourde, pleine d’écho et un son supplémentaire quand le refrain se pointe. Avec du violon et des claquements de mains, sauf que je ne pense pas que tu puisses les entendre dans le mix final. C’est cette base qui nous a permis musicalement de sortir quelque chose de différent.

C’est drôle que tu évoques ce rapport au cinéma parce que vous êtes l’un des groupes à l’univers le plus cinématographique. Est-ce que vous avez déjà été approché par un projet comme ça, vous y pensez ?

On en a parlé à notre label, ce serait fun. On aime tous les films et les B.O, ça nous plairait beaucoup.

Deux ans de tournée, finis vos jobs, comment ça s’est passé ?

Ça fait deux ans qu’on a arrêté nos boulots. Donc on s’est dits que ça avait intérêt à marcher ! Avec Greg, on se voit tout le temps et on bosse l’équivalent d’un vrai job pour jouer de nouveaux morceaux et répéter pour être sûr de la qualité de ce qu’on sort.

Nous avons beaucoup joué et on continue d’apprécier. On s’entend tous très bien, personne ne s’est mis sur la gueule. Et le but de la manœuvre, c’est de faire que les gens nous entendent donc on est très contents. En plus, nous découvrons des parties du monde où nous n’aurions jamais mis les pieds.

Vous vivez toujours à Detroit ?

Je viens de déménager cet été mais après je suis parti en tournée 10 semaines sur les 12 dernières. Pour l’album, nous étions encore tous là-bas et si jamais je dois m’y rendre pour bosser je bouge.

2018, en ligne de mire.

No Passion All Technique, une ressortie ? On le trouve NULLE PART !

Nous allons essayer de le sortir l’an prochain, on l’aime beaucoup. On en joue deux morceaux ce soir donc il faut les gens puissent l’écouter. Même nous, on en a plus forcément : on les a offert. (rires)

Pourquoi est-il si rare ? C’est un problème de droits ?

Un mec l’a sorti en vinyle à Detroit dans un pressage assez faible en quantité. Il ne possède pas les droits donc on peut faire ce qu’on veut, c’est juste une question de temps. On a juste toujours quelque chose à faire à la place ces derniers temps. On peut réussir à gérer la tournée, un EP et une ressortie l’an prochain je pense.

Vous savez déjà à quoi ressemblera l’an prochain ?

Cette semaine, nous avons appris que nous allons en Australie et en Nouvelle-Zélande en février. Première fois pour nous tous. Ensuite, on part 5 semaines en Europe entre avril et mai avec la France incluse. On commence par vous, puis Portugal, Espagne et peut-être des festivals d’été.

“On peut réussir à gérer la tournée, un EP et une ressortie l’an prochain je pense.”
La Route du Rock peut-être ? C’est votre tourneur !

Oui et notre groupe adore ce festival. C’était notre première tournée européenne en 2014 et on se souvient encore de cet endroit, on en reparle régulièrement. Musique et public incroyables, toute cette expérience était merveilleuse.

A part la météo peut-être ?

Oui ! Aucun de nous n’avait de bottes, on marchait dans la boue avec nos baskets et on se retrouvait bloqués avec les pompes accrochées au sol. Avec de la paille partout pour essayer de régler le problème.

Quel est ce que vous écoutez en ce moment ?

Principalement les groupes avec qui on a tourné : Metz dont le dernier album est canon, Flasher et TRAAMS.

C’est quoi le dernier truc qui vous a fait marrer ?

Ce mec, en montrant Igor le tour manager qui nous fait signe à la fenêtre pour dire que c’est l’heure de la bouffe.

Celle-là, c’est une private joke. Comment va Éric ? Il a passé un bon anniv ?

Éric ? Ah oui, merde ! Ça, c’était énorme, c’est un des trucs qui m’a le plus fait marrer ces dernières années. On l’a fait pendant des semaines et le plus drôle c’était un mec au Danemark qui nous a sorti un truc improbable : “Happy Birthday Shitty Eric !”, avec un accent à couper au couteau.

Remerciements à l’adorable Greg, aux membres de Protomartyr pour ce concert encore une fois mémorable et à Pias. On vous laisse avec notre chronique de l’indispensable Relatives in Descent et notre interview précédente datant de 2015.