C’était trop beau pour être vrai (et tant mieux pour nous). Live Nation et Ticketmaster avaient cru s’en tirer avec un accord amiable, une petite poignée de main dans un couloir de Manhattan. Raté.
Plus de 30 États américains ont refusé de signer le règlement négocié avec le Département de Justice. Résultat : le procès antitrust reprend, ce lundi 16 mars, comme si de rien n’était. Ou plutôt : comme si tout le monde avait bien compris que le monopole ne se dissoudrait pas en buvant un verre ensemble.
Seuls sept États — Arkansas, Iowa, Mississippi, Nebraska, Oklahoma, Caroline du Sud et Dakota du Sud — ont accepté les termes de l’accord. Les 32 autres, plus le District de Columbia, ont préféré continuer à se battre. La procureure générale du Massachusetts, Andrea Joy Campbell, a été directe :
« L’accord du DOJ est loin de protéger suffisamment les consommateurs, les artistes et les salles contre les préjudices causés par Live Nation et Ticketmaster. » (Associated Press)
Pour rappel, le DOJ accuse Live Nation d’avoir transformé le marché du spectacle vivant en fief personnel : contrôle des salles, contrats d’exclusivité sur la billetterie, pression sur les artistes pour qu’ils passent par ses services de promotion. Le tout accompagné de frais qui font saigner le portefeuille des fans.
En face, les avocats de Live Nation sortent l’argument classique : la concurrence est « plus forte que jamais », les profits sont « minimes », et si Ticketmaster gère 86 % des grandes salles US, c’est juste parce qu’ils sont très bons. Évidemment.
La vente de billets pour la tournée Eras de Taylor Swift en 2022 — qui avait tourné au chaos total — a aussi été évoquée. Version DOJ : la preuve que le système est cassé. Version Live Nation : c’était les bots, c’est réglé, circulez.
Le procès continue. Le monopole, lui, résiste.

