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Il y a des moments comme ça, de joie, où, en entrant dans une salle de concert, on sait d’avance qu’on ne peut pas être déçu. Et bien avec Ty Segall c’est le cas. Le prolifique californien était de passage au Bataclan et l’a retourné pendant une bonne heure trente.

 

C’est Mike Donovan, des Sic Alps et des Peacers, qui ouvre la soirée. Moitié guitare, moitié clavier. La partie guitare consiste en un folk/rock assez brut de décoffrage, quasi garage. Côté clavier, ça sonne, ou plutôt ça dissone quasiment expérimental. On écoutera d’une oreille en attendant fébrilement que le blondinet et sa troupe montent sur scène.

 

 

Autant évacuer les poncifs d’emblée, Ty Segall sait y faire. Le son est massif, et tout est maîtrisé à la perfection. Rien ne dépasse durant une bonne partie de la soirée, et c’est peut-être ça qui surprend. Les morceaux s’enchaînent à une vitesse dingue. Ceux de Freedom’s Goblin s’en tirent particulièrement bien. Que ce soit “Fanny Dog“, “Every 1’s a Winner” et son groove de malade, ou le disco déglingo “Despoiler of Cadaver“, on se surprend à bouger son boule comme jamais, sourire aux lèvres, en se disant que ces nouvelles rythmiques passent tellement bien en live. A la basse, Mikal Cronin joue sa vie sur chaque note, concentré comme jamais, pendant qu’Emmet Kelly et sa guitare se marre quasiment tout le temps. Le batteur lui, a des bras d’acier. Pas de baisse de rythme, pas une once de faiblesse ressentie durant l’entièreté du concert. Solide.

 

 

Les titres se succèdent sans faillir pendant quasi 1h30, et on jubile devant “Finger“, “Love Fuzz” et “Girlfriend“, les bons gros classiques dont on ne peut pas se lasser. Les slams s’enchaînent également. Ca saute littéralement dans tous les sens. Et malgré les invitations de certains à se jeter dans le public, Ty fait le timide. Jusqu’au drama de la soirée. Rappel. “She” se joue et déboite tout sur son passage. Ty fait monter un type sur scène, lui file sa gratte, et se jette dans le public. Avant de remonter sur scène et tout stopper. « J’ai perdu mon alliance ! » . Retrouvée par chance aussitôt dans la foule, il quittera la scène peut après avec le sourire aux lèvres, et une bonne anecdote pour le prochain Thanksgiving.

Soli en furie, playlist cool (ne manquaient à mon goût que Feel et Break a Guitar pour en faire le concert parfait), le californien et ses boys auront réussi (comme d’hab) à faire sauter, danser et rendre béat tout le monde. Ty segall racontait lors de la sortie de Freedom’s Goblin qu’il voulait prendre de la distance avec le rock. Si ce dernier contient des pistes aux rythmiques inhabituelles pour lui, on se dit que ce serait quand même dommage d’évincer la puissance et l’énergie qu’il est capable d’envoyer comme ce soir. Rendez-vous probablement dans deux semaines avec un nouvel album du blondinet hyperactif.