Celeste, ou quand le malheur se mue en bonheur. Plus sombre que jamais, Ils nous reviennent avec un nouvel opus qui est évidemment, une fois de plus, monstrueux. Dans tous les sens du terme. Celeste, déjà, c’est un son. Un son reconnaissable parmi mille autres. Puis, c’est également une ambiance. Un truc glacial, noir, une nuit sans réverbères. On sait jamais trop où on avance, ça se dérobe un peu n’importe quand sous nos pieds, et ça nous entraîne assez loin. Assez loin et assez fort pour donner l’envie d’y regouter. Au jeu des comparaisons, on pourrait les rapprocher de Cult of Luna, Khelvin ou certains trucs de Knut. En bref : un son Kollossal au service d’un chaos sonore putain de bien orchestré.

Ce qui marque après la première écoute, c’est que certaines parties sont plus dynamique que lors de leurs deux précédentes sorties. J’ai oublié de préciser, mais après Pessimiste(s) et Nihiliste(s), ce nouvel album se nomme Misanthrope(s). En fait, j’ai pas forcémment une grosse culture dans ce genre musical, mais Celeste est un de ces rares groupes qui parviennent à me foutre mal à l’aise quand j’écoute. Y’a un truc malsain qui s’en dégage, une sorte de violence sourde, puissante. Un truc assez fort en tout cas pour bien me plaire. C’est quand même un des trucs les plus excitants sorti depuis ces derniers mois.

Celeste enfin, c’est un peu comme une madeleine de Proust, qui me rappelle les premiers films d’épouvantes mattés. Sorte de cauchemar réel d’une bonne cinquantaine de minutes, on sentirait presque la goutte de sueur couler le long des tempes tellement certaines parties sont oppréssantes. Côté poésie on est plus proche de la Charogne de Baudelaire que de son Albatross. On est même en plein dedans en fait. Ce Misanthrope(s) rempli plutôt super bien sa mission en confortant Celeste comme LE groupe français le plus bandant du moment. Un album idéal pour les soirées branchées du tout Paris et les enterrements.

Pour rappel, l’album est en écoute intégrale et téléchargement gratuit sur le site de Denovali, ainsi qu’en pré-commande. Vu les précédents habillages du groupe, il va de soi qu’il est indispensable de posséder l’objet physique dès que possible.