Dans un style urgent, ‘Ignorance & Bliss‘ des Elderberries s’impose. Rythmique fiévreuse, riffs mastodontes, tout le toutim. Le son est énorme, la prod aussi. Il y a même du radio friendly pour les minettes (‘It doesn’t really matter‘ ou ‘False acquaintance‘).
Alors pourquoi n’approuve-t-on pas ?
Parce que ce disque est tout sauf frais. Parce que le chanteur en fait des caisses. Parce que mine de rien, aucun cliché ne nous est épargné. Parce que c’est très faible mélodiquement parlant alors que c’est clairement à se niveau que le groupe cherche à se positionner, le hard rock mélodique avec envolées lyriques. Parce que ça part dans tous les sens mais rarement dans le bon. Parce qu’à l’occasion, c’est vraiment très mauvais (‘The choice‘). Parce que n’est pas QOTSA qui veut et de ce fait, l’ennuie pointe rapidement le bout de son nez. Parce qu’au final, c’est épuisant, on a bien noté ici ou là un bon solo, un riff qui déchire tout, mais rien de vraiment marquant. Parce qu’on a le sentiment d’un disque frimeur sur le mode « regarde comme on assure mon petit » à faire passer ‘Chinese Democracy‘ pour de la lo-fi.
L’intensité que met Elderberries dans chaque chanson est à comparer aux titres souvent épiques qui ferment les albums, genre dernier sprint avant l’arrivée. C’est certes louable qu’un groupe donne ce sentiment de vivre à 100 à l’heure, de mettre ses couilles au service de sa musique mais le hic est que sur ‘Ignorance & Bliss‘, les Elderberries grillent leurs cartouches dès les trois premiers titres. La suite tourne en rond et le groupe manque cruellement d’idées, d’où la plongée du disque dans un univers mille fois entendu.
En plus le groupe ment : lorsqu’il annonce en dernière plage ‘Sick of silence‘, il ne se rend pas compte que le silence qui suit est une félicité pour les oreilles tant ‘Ignorance & Bliss‘ est un disque qui compense son manque d’originalité par une énergie épuisante. Elderberries espère duper en jouant vite et très fort.
Une fessée pourquoi pas, mais après une dizaine, ça commence à piquer…