La musique est une grande imposture, les petits gens qui se permettent de critiquer et d’éplucher les défauts souvent à titre personnel sont eux aussi des imposteurs. Mais dans ce monde si stoïque à l’humour consternant, nous avons constamment besoin de Golios proches du fanatisme pour diffuser des fausses rumeurs ou vainement essayer de balancer les avis pour faire monter les débats et promouvoir ce que l’on juge ‘profondément’ intéressant. Aujourd’hui, intéressons nous à un bébé groupe super hype.

The Knife, espèce d’‘electro ambient poudrée au trip hop new wave‘ a connu son heure de gloire hypienne en 2006 en voyant son album ‘Silent shout‘ être nommé album de l’année par l’influent Pitchfork. Karin Dreijer Andersson, la moitié du duo de The Knife, s’est lancé dans son projet solo Fever Ray dès la sortie du ‘Silent shout‘, et sort aujourd’hui son premier album, lui aussi léché par Pitchfork.

Non, la musique de Fever Ray n’a rien de fiévreux; c’est plutôt une pluie fraîche qui coule le long du dos après avoir sillonné le cou, une odeur d’igloo rempli de peaux de phoques congelées ou le sang séché aurait imbibé la neige tout autour. Une musique un peu tribale sans jamais trop l’être, un peu grinçante sans jamais que l’on en trouve l’origine, faussement minimaliste et fourrée de soundfonts discrets mais surtout chiants à mourir. Et c’est vraiment dommage.

Vous pouvez écouter ce projet, cet essai raté de l’atteinte d’une zone pseudo spirituelle par le biais de battements binauraux anxiogènes et ennuyeux;
Vous pouvez aimer la voix plutôt banale, de Karin Dreijer Andersson;
Vous pouvez manger la pochette, ou le disque;

Mais franchement je ne vous le conseille pas.