Je ne sais plus qui avait dit qu’il était ‘nécessaire d’avoir deux trous au cul pour faire du rock’n’roll‘. Un poète déjà. Je m’inquiète pour le cul de ces jeunes barges de Nitwits qui en balancent des mammouths. Et pas n’importe quels mammouths. Mais exactement ceux qu’il faut déterrer, de Nirvana au Dead Kennedys avec cette ambiance trash très singulière de psychotropes et de bière tiède.

C’est un bordel sans nom, on hurle à tout va, pisse là où il ne faut pas, lève des doigts aux joyeux cons; la musique défonce la baraque, oscillant entre punk bourrin et garage sucé; des guitares dégoulinantes léchées par des voix criardes en arrière plan sur un plan rythmique souvent tordu. C’est furieusement bon, et ce grâce à la production bancale, qui donne un charme de plus au groupe barré. Au début de 2 ou 3 chansons, quelques blancs où l’on imagine les marseillais préparer leurs lance-mammouths, aiguiser leurs guitares et puis des mixages flous (Adieu les Guns), toutes ces petites fautes renforcent l’ambiance chaude et marginale de l’album. Oui, tout est question d’ambiance; les mélodies s’oublient vite, les paroles sont que très peu compréhensibles (bien qu’en Français la plupart du temps), mais après tout, avec ce genre de groupe, uniquement le ressenti compte. Ce n’est ni de la chanson à texte, ni de la pop léchée, alors fuck, on s’en contentera car c’est du garage malmené qui frise le grunge.

Le Marécage de la Mélancolie est un véritable vomito géant jonché de crachat, mais tellement attirant que l’on en devient coupable.