Lights out Zoltar !‘ Le titre amuse et nous rappelle à nos fantasmes d’adolescents nés au début des années 80 : comme Tom Hanks dans Big, nous rêvions qu’un Zoltar nous fasse grandir pour qu’on puisse casser la gueule aux gros cons qui sortaient toujours avec les filles que nous désirions en secret. Gemma Ray était peut être l’une de ces créatures admirées de loin par un garçon timide mais c’est aujourd’hui son album qui nous intéresse. Ne pas se fier à l’hideuse pochette, ‘Lights out Zoltar!‘ est un disque plutôt fréquentable où l’on croise des influences spectoriennes de bon aloi (Fist of a flower, numéro un dans le Cher) et des arrangements baroques qui donnent au disque un côté féérique, un côté Danny Elfman. L’écriture de Gemma Ray est infiniment visuelle, c’est pour ça qu’on en parle sur visual-music, en ce sens où l’on se surprend à rêvasser à de forts jolis films, quelque part entre une Amérique fantasmée des années 50 et un univers à la Alice aux pays des merveilles, le croisement des univers de PJ Harvey et d’Emilie Simon. C’est d’ailleurs là, sur la forme plus que sur le fond, que se situe tout l’intérêt de ce disque plus que ses compositions jamais désagréables mais jamais vraiment excellentes non plus qui font de ‘Lights out Zoltar !‘ une curiosité plus qu’une vraie révélation. Attention toutefois, il se pourrait bien que cette Gemma Ray aille très loin.