Stereotypical Working Class, c’est le prototype du groupe devenu has been avant d’avoir eu le temps d’éclore. Considéré dès 2001 comme le Papa Roach français, le groupe a loupé la vague du succès en sortant bien trop tardivement son album ‘Sans Repère‘ – pas totalement minable mais très typé neo-metal. Résultat, le groupe se vautre, abandonne toute velléité de succès voire d’amour-propre, et c’est dans un quasi anonymat que sort aujourd’hui ‘Day After Day‘.

La posture ‘On joue pour se faire plaisir’ est toute trouvée. Alors bien sûr, dans la situation de Stereotypical Working Class, n’importe quel groupe ferait de même. Le problème, c’est qu’en disant cela, le quintette lyonnais n’a plus aucune excuse pour justifier une musique aussi indigente. Reprendre les plans de rock mainstream affilié neo (Staind, Empyr) de façon encore plus lisse que les originaux, c’est quand même très très moche. Les gueulantes sur les rares parties un tant soit peu dynamiques ne trompent personne. Cela devient carrément embarrassant quand le groupe se met à singer involontairement My Chemical Romance en voulant jouer les lovers pop (‘Looking for a break‘, ‘So sorry‘).

Ajoutez à cela une section rythmique asthmatique malgré un bassiste correct et des mélodies aussi enthousiasmantes qu’une soirée Backgammon en maison de retraite, et on sera mûr pour une bonne petite déprime. Heureusement, Stereotypical Working Class est un groupe qui sait aussi nous faire rire, notamment grâce aux grossières fautes d’anglais émaillant le livret ou au ridicule absolu de ‘Bustaflow‘, digne de figurer dans l’anthologie du comique involontaire.

Seul motif de satisfaction, le petit coucou fait à François et Juan Carlos de la Fistinière dans les remerciements de l’album. Certes, cela ne doit en aucun cas motiver qui que ce soit à acheter un album aussi faiblard, mais au moins ça fera plaisir au plus poilu des membres de la team.