De Wolfmother, on lit souvent qu’ils jouent du rock dit décomplexé. Complexe concept impliquant qu’il y a de quoi avoir honte, ou quelque chose comme ça. En effet, pour peu que l’on trouve ridicule le décorum entourant ce genre de groupe hard rock 70s à la Lenny Kravitz, le trip pantalon moule-burnes en cuir, gros riffs, voix outrée à la Robert Plant, solo le pied sur le retour l’air grimaçant, l’inévitable balade pour allumer le briquet et tutti quanti, Wolfmother n’est pas vraiment le groupe sur lequel on se précipite toute érection dehors.

Pourtant sur ce « toujours difficile » deuxième album à la gestation compliquée, on adhère bien et pour parler le jeune, ça poutre. Il y a du rythme et du riff et on prend un grand plaisir même pas coupable (halte aux plaisirs coupables) à se l’écouter à grand volume sonore dans les petites oreillettes. Évidemment, le cynique en chacun de nous ne pourra réprimer un petit sourire disant « tiens ça me rappelle The Darkness » pendant « White feather » par exemple, la balade en Zeppelin « In the morning » possède charme ainsi que toute la puissance requise pour lever le poing pendant le refrain en regardant l’horizon lointain, se disant « man, c’est la vie ça », on peut aussi se dire que dans le genre délicieusement ridicule ‘Appetite for destruction‘ c’était drôlement plus méchant et vicieux. Parce que là est le problème de Wolfmother, on se l’écoute volontiers et on leur souhaite tout le bonheur du monde, mais de tubes il n’y a pas et on se (sur)prend à craindre que nos australiens ne soient trop hard pour les fans de rock indé, pas assez méchant pour les fans de metal, moins sexy que T-Rex pour les filles, moins racoleurs que The Darkness pour le commun des mortels… Bref à la croisée de tous les chemins ce bon ‘Cosmic Egg‘, (qu’on n’a même pas envie de rebaptiser Comic egg tant la foi est là) auquel on adhère mais pour le grand public qu’il mérite, Wolfmother devra probablement en faire plus pour fédérer.
C’est Roger qui nous l’a dit.