Qu’a-t-il manqué à ce premier album des néo-adultes de The Dodoz pour friser l’excellence, mise à part des voix avec un réel accent anglais ? Pas grand chose. Dans ce premier LP, éponyme, Géraldine et ses trois camarades réussissent à aligner, sans intermittences, des mesures subtiles et accrocheuses, entre rock indé, saturation quasi-shoegaze et punk chaloupé. Les paternes sont alambiqués, tout comme quelques structures de morceaux (merde, il y a deux chansons dans ‘Werewolf In Love‘ !), les grattes se livrent un combat bordélique en haut des manches, les sonorités sont délicieusement sales ; on a même droit à une poignée de tubes même pas putassiers (‘Do You Like Boys ?‘, ‘Bet‘). Et les jeunes ne sont pas de Paris : oui, ils ont tout pour plaire (et toc). A l’heure où les rockeurs français d’à peine vingt ans ayant une bonne visibilité dans les médias sont soit lassants (Izia, Plasticines), soit ridicules (Second Sex, BB Brunes), cette livraison de The Dodoz sonne comme un petit miracle.

The Dodoz = jeunesse sonique, douée et adroite (et non pas à droite, big up à Gilbert Montagné et ses ‘jeunes pop’ — ‘Tous ceux qui veulent changer le mondeuuuh, venez marcher, venez chanteeeeer‘). Mais alors, qu’a-t-il manqué à ces onze morceaux aussi enivrants les uns que les autres ? Une bonne grosse dose de folie. La fougue post-adolescente ne suffit pas, une bonne partie de l’album aurait gagné à être encore plus garage, turbulente et barrée. Géraldine et ses copains sont encore un peu trop tendres… En bref, qu’a-t-il manqué aux jeunes gens de The Dodoz pour pondre une masterpiece dès leur premier long play ? Un putain de saladier de mescaline.