Tout d’abord, il faut dire une chose: Damon Albarn est vraiment un type capable du pire comme du meilleur. Que cela soit avec Blur, The Good the Bad and the Queen, Gorillaz, ou ses 15 autres projets.
Après un ‘Demon Days‘ qui aura consacré le groupe avec ses featurings tape-à-l’oeil (faire chanter Dennis Hopper quoi…), ses tubes où l’underground se fait mainstream, Albarn a décidé de refaire la même, à l’envers.

Plastic Beach‘ est tout d’abord un album concept sur une île formée par des détritus au fil du temps, comme une sorte de beauté anti-écolo où gravitent tous les invités (Snoop Dogg, Mos Def, Lou Reed, Bobby Womack entre autres) pour placer leur petite histoire. Plus varié et plus cohérent que le précédent, ‘Plastic Beach‘ offre autant du hip-hop rigolard (‘White Flag’, ‘Superfast Jellyfish’), que des mélodies pop rêveuses (‘Melancholy hill’, ‘To Binge’) et tout ça avec la profondeur qu’aucun autre album de Gorillaz n’a su atteindre (‘Rhinestone Eyes’, ‘Cloud of Unknowing’) sans jamais s’échapper de son île, comme une arche de Noé musicale.

Ce qui bluffe le plus, c’est la renaissance du songwriting d’Albarn, et de son chant principalement, incroyablement prenant sur les titres electro-pop sombres que sont ‘Broken’ et ‘Rhinestone Eyes’. Lorsqu’il retrouve son modjo, il est même capable de combiner des arrangements radicalement opposés, sans qu’on entende le moindre couac. Les influences du disque sont tellement diverses (musique orientale, dubstep, hip hop, ragga, musique sud-américaine,soul, électro au sens large, pop) et condensées qu’il a sa propre identité sonore.

Un grand disque, comme on dit.