Thomas White fait beaucoup de choses et le nom de ce disque lui va comme un gant : riffeur fou chez Brakes, héros pop avec The Electric Soft Parade, batteur moonesque chez Restlesslist et tant d’autres. Il l’avait dit dans les colonnes de ce vénérable webzine, il ferait peut être un jour un album solo plus travaillé que l’inaugural, superbe et minimaliste ‘I dream of black‘, disque enregistré dans une cave froide mais dont la musique réchauffait le coeur. Sur ‘The Maximalist‘, son deuxième album solo, c’est son versant boulimique et expérimental qui est de mise. Une vraie déclaration d’amour à toute la musique qu’il aime. L’album peut être qualifié de prog pop expérimental lorsqu’on sait que ce disque contient de longs instrumentaux electro, un thème récurrent, des chansons en tiroirs, une introduction, une chanson aux couplets soul/hip hop, des covers… White délaisse quelque peu la pop, pas de single viable ici, mais garde ses qualités de mélodiste hors paire : chaque segment de chansons possède son petit gimmick, sa mélodie intrinsèque et White en impose lorsqu’il les étire avec fascination sur la longueur ( « Starry night #4 », « …Lost », « Jerusalem ‘s thorn »). Si le début du disque impressionne (« Jerusalem’s thorn », tout en tension crescendo, montre Brighton comme jamais) et la fin envoute par les trouvailles, on s’avouera moins fan du milieu de disque qui est son versant le plus barré. Sur trois longs titres (« Moonlight & Snow », « The week end », « Synapse galaxy ») White se laisse aller au découpage de son, à la juxtaposition de mélodies pop à des beats electro violents et un peu longuets et l’auditeur perd facilement le fil sur ces vingt minutes expérimentales à souhaits. Toutefois, une fois au coeur du labyrinthe, Thomas White nous convie au minotaure de ‘The Maximalist‘, ‘The Devil in a Trojan Horse‘, lente ballade gothico-grunge aux cascades de guitares saturées. La dernière partie enchante : la cover de « Accidentally like a martyr » est pareille aux ailes d’Icare permettant de fuir le Dédale précédent, « A bitter pill » se développe comme la poupée russe que Coldplay tentait dans son dernier album et le final « …Lost » est une merveille de rêverie à la Radiohead période ‘Kid A‘ en plus accueillant, moins froid, moins distant.

The Maximalist‘ étonne car c’est un disque boulimique, difficile, qui ne va jamais là où on attend, voire jamais où on espère, qui par moments se perd, mais qui provoque une fascination de par ses moments mélodiques, sa volonté de proposer autre chose et d’aller plus loin. Encore une raison, si besoin était, de toujours garder un oeil sur ce qu’est en train de mijoter Thomas White, définitivement l’un des tous meilleurs de sa génération.