Sobrement, ce quatrième Gâtechien s’appelle ‘4‘. Avec son visuel post-Magritte et ses titres de chanson à la limite du concept, je me sens un peu frustré par ce grand chiffre, bizarrement. Et puis au final, c’est logique : le dernier album des rochelais est un édifice délicieusement instable et surprenant, mais hautement crispant.

Aux fondations, de douces sonorités noisy attendent le visiteur. Des lignes de basse à la Jesus Lizard (‘Cinq-à-Sept‘, excellent), une batterie toute shellacienne (‘Faux Départ‘), et quelques accords à la 31Knots (le joli ‘Bonjour Mademoiselle‘, espèce de pop carnassière). La crème, quoi. La formule basse/batterie du duo avance sans faille. Ce qui se dérègle au bout d’un moment, c’est un peu l’intention. Gâtechien change parfois d’univers comme de slip : on passe d’un faux pop-punk décourageant (‘Rendez-Vous‘) au post-hardcore facile (‘Cliché‘). Et le filet de voix noyées qui s’y superpose, situé quelque part entre Pterodactyl, Sparta et Fordamage, perd souvent la boussole, et une petite cohérence qui ferait mouche. Même avec le second degré annoncé par la pochette, la sauce ne prend pas toujours.

Mais en avançant dans l’album, on commence à comprendre la vraie finalité de ‘4‘. Gâtechien sait autant pondre de bonnes marches noise ravageuses (‘Fiancé‘, ‘Tour de Force‘) ou des refrains aux allures d’ouragans (‘C’est La Vie‘), que des pièces tout à fait quelconques, comme les chutes de bois d’un atelier (‘Cul-de-Sac‘, ‘Déjà Vu‘). Cet album est peut-être bien celui d’une sacrée recherche personnelle du groupe, celle du morceau idéal, qui conjuguerait génie pop et aspirations noise (‘Brise-Glace’). ‘4‘ tient davantage du laboratoire que de la poignée de morceaux au groove efficace et aux faiblesses sympathiques mais lassantes.

Et là-dessus, Gâtechien est plutôt le seul en France. Alors pour la peine, on se laisse embarquer aussi.