La faute à une manip hasardeuse, j’ai du m’y prendre deux fois pour écrire cette chronique. C’est sans doute moins qu’il ne faut d’écoutes pour savourer Sisterworld. Et même si ma vision du dernier Liars, valeurs sûres du Brooklyn noisy et déviant qui me plaît, n’a pas beaucoup évolué, ce méchant fuck-up informatique m’a révélé qu’il est très facile de tenir un discours de frustré rétrograde. Même avec le meilleur groupe du monde. Liars n’en est pas loin.

Pourtant, difficile d’être entièrement emballé par cet album. Onze titres qui contiennent ce que je redoutais un peu après l’écoute de la précédente salve (éponyme) du trio. Les Liars (re)jouent la carte du trip-hop malsain mais un peu mollasson (‘No Barrier Fun‘), de l’hypnose orientale option crescendo jouissif mais suffisant (‘Here Comes All The People‘), ou du Sgt Pepper électro-orchestral (‘Goodnight Everything‘). On retrouve de bons relents punks façon ‘Plaster Casts Of Everything‘ (‘Scarecrows On A Killer Slant‘, ‘The Overachievers‘). Mais les Liars semblent s’être dénaturés. La faute à des distos sous-mixées et au mélange parfois bancal drone/post-rock ? (‘Drip‘, ‘Too Much, Too Much‘) Ou celle à une tournée récente avec Radiohead, trop sensible sur ‘Scissor‘ (choeurs d’intro atmosphériques à la Yorke) ou ‘Proud Evolution‘ ? Et là, la nostalgie d’un bon Drum’s Not Dead se fait grande, époque bénie où les auteurs de It Fit When I Was A Kid éblouissaient de démence et de génie.

Finalement, soit on accepte cette nouvelle direction, qui n’en fait pas moins des Liars une vraie révolution rock des années 2000, soit on se résigne, et c’est foutrement dommage pour ceux qui ont pris le frisson en pleine gueule il y a quelques années.