Premier album ‘Nord‘ très vite remarqué, puis tournée internationale, changements de line-up, EP et splits laissant perplexes, projets surprenants (ciné concert)… Plus le temps passe, moins l’avenir de Year Of No Light paraît prédictible. Et voilà que sort ‘Ausserwelt‘, presque à l’improviste. Dans un réflexe conduisant à le comparer avec Nord, on remarque rapidement la disparition de la voix gutturale, des soli et une violence globale moins frontale. On se demande si c’est bien du Year Of No Light. Et puis on se met à vraiment écouter ce disque.

On s’enfonce alors dans l’outre-monde, attirés par les mélodies implacables de Perséphone. Rasséréné par sa teinte légère et sa démarche gracieuse, on aime à s’empêtrer dans sa toile patiemment tissée. On se doute pourtant que l’issue sera funeste: aucun espoir n’est permis ici. On se recroqueville sur soi, pensant se protéger du tourbillon incessant nourri par les armes errantes, esprits chagrins et autres lumières défuntes. Le sourire effacé de Perséphone se mue en rictus sinistre.

Seul, menacé de toutes parts, on se sent disparaître dans les abysses, sans aucun fond en vue, mais distinguant nettement la surface qui s’éloigne irrémédiablement. Le bruit autour de soi d’accord diffus devient insensiblement assourdissant. Paralysé, choqué, transi de froid, démobilisé, on n’ose plus espérer se sortir de l’Ausserwelt. Il s’évanouit pourtant, comme il nous était apparu.

On est en même temps dégouté par tant de noirceur et fasciné par ses visions mortifères. S’aventurer dans ‘Ausserwelt‘ marque la conscience. Mais même après plusieurs voyages, on ne saurait dire si c’est une bonne chose.