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Un disque dur est un peu comme une chambre d’adolescent, en fouillant dans les recoins on y retrouve des choses intéressantes. Prenant inexplicablement la poussière dans un putride dossier, ce EP de Paul Westerberg -étrange pour un homme plutôt influencé par le punk- mérite qu’on s’y arrête. La carrière solo de l’auteur de j’emmerde l’école est constellée ici et là de superbes morceaux qu’il faut parfois aller chercher au tracto-pelle dans le chantier que sont ses albums solo alors autant dire qu’avec un six titres, on peut toucher le jackpot. ‘PW & The ghost gloves cat wing joy boys EP‘ (un mot par chanson) est sorti à l’automne dernier et montre Paul Westerberg à l’un de ses sommets solo. Tous les titres sont géniaux. L’auteur de Gary a la trique se montre tout d’abord poétique, tendre et toujours traumatisé par ‘Third/sisters lovers‘ de Big Star sur la première chanson ‘Ghost on the canvas‘, ballade contemplative qui dégage un sentiment crépusculaire de fin de relation, de soleil couchant. ‘Drop them gloves‘ est la plus rock du lot et le créateur de Tommy se fait retirer les amygdales balance un riff certes old school mais jouissif dans lequel il creuse une faille mélodique inédite, obsédante et désinhibante comme un shoot de Tequila avant de monter sur scène. ‘Good as the cat‘ revient sur le sentier habituel des dernières sorties solo de l’homme derrière Je hais la musique (car il y a trop de notes), à savoir un rock-folk mélodiquement supérieur. « Don’t want to be old, I sure can be new », et voilà exactement la sensation de cette chanson : Westerberg reste digne en vieillissant. ‘Love on the wing‘ et son intro au piano évoque l’album ‘Suicaine Gratification‘ avant que la guitare du mec qui a écrit Saloperie de boulot n’emmène ce titre vers un sommet uplifting à coup de choeurs et de coeur. ‘Gimmie little joy‘ est du même acabit et on en profite pour souligner que Westerberg, l’homme qui composa (heum…) ‘Mr Whirly‘, a remisé au placard son chant ultra nasal à la Liam Gallagher qui plombait l’album ‘Folker‘ par exemple. ‘Dangerous boy‘, toujours dans la même veine, pour finir de se convaincre que ces 6 titres sont un petit jackpot de l’homme de Minneapolis en solo. Paul Westerberg continue son chemin, n’emmerde personne et réjouit beaucoup, que demander de plus si ce n’est un peu plus de considération?