C’est dingue comme on peut passer à côté de merveilleux groupes. A la radio tourne une chanson, ‘Woman Like A Man‘. A chaque fois qu’elle passe c’est la même chose: le coeur s’accélère, les pupilles grossissent soudainement comme sous l’emprise d’une quelconque drogue, la bouche s’emplit très rapidement de salive. Tout ça pour quoi ? Pour une simple guitare sèche, une voix mélancolique à souhait, une autre plus féminine en renfort et soudainement on est au bord de l’arrêt cardiaque lorsque le tout s’amplifie avec l’arrivée des violons. Et ça, ça s’appelle Damien Rice. Et vite, il me faut un nouveau fix!

C’est comme lorsque l’on vient d’arrêter de fumer puisque c’est d’actualité: on se demande toujours comment on pouvait vivre avant. Pourtant, Damien Rice utilise constamment la même recette pop-rock folk fleur-bleue, mais change juste à chaque fois le petit ingrédient qui va faire la différence.
Son chant reste constant (et c’est tant mieux) avec de légères montées vers un ton plaintif, le tout enrobé de les voix si fragiles de Lisa Hannigan, Vyvienne Long et Shane Fitzsimone donnant au final des choeurs travaillés qui se mélangent et se croisent entre eux (‘Volcano‘). On est proche du génie. Pas de quoi s’étonner que Damien Rice soit si bien entouré au vu de la chaleur qu’il émet de ses cordes vocales; car sa voix tantôt plaintive, tantôt heureuse, émouvoit, berce même (‘The Blower’s Daughter‘). Parfois, les chansons se teintent de sonorités folk (‘Amie‘, ‘The Blower’s Daughter‘) et rappelle les origines de l’irlandais…

Finalement, l’album touche à sa fin et on se rend compte très rapidement de la grande absente de l’album: ‘Woman Like A Man‘. A l’instar de ‘Mr. E’s Beautiful Day‘ de Eels, ce single est en fait une des (nombreuses) bonus track de l’album et il faudra alors patienter une bonne dizaines de minutes avant de l’apprécier finalement. Mais cette attente ne sera pas veine puisqu’entre temps se glisseront quelques perles dont cette chansons sans nom tant énervée comme si Damien s’était retenu pendant tout l’album…

Damien Rice signe ici une perle, d’autant plus qu’il s’agit de son premier essai. Essai marqué qui devrait le faire décoller et peut-être un jour, devenir grand, très grand. Et dire que j’ai failli passer à côté de ça…