‘Direct dans ta gueule ! Direct dans ta gueule ! ‘

C’est avec ces termes très poétiques, traduits d’une des chansons, qu’on pourrait définir ce nouvel album d’Hatebreed. La formation du Connecticut, après le gros succès de ‘Perseverance‘, a décidé d’accélérer sensiblement les délais de production pour accoucher de son nouveau bébé. Et ce nourrisson, né à peine 18 mois après son grand frère, est d’une efficacité rarement égalée dans le métal moderne !

Autant ne pas y aller par quatre chemins : ‘The Rise Of Brutality‘ est une tuerie sans nom ! Hatebreed délivre toujours son métal ultra-agressif, sans aucune concession. Beaucoup plus accessible que son prédécesseur, ‘The Rise Of Brutality‘ est également bien plus court et moins porté vers le hardcore. ‘Straight To Your Face‘ ou ‘Live For This‘, avec leurs refrains aisément mémorisables, restent ainsi imprimés dans votre mémoire après seulement quelques écoutes.

Jamey Jasta, fidèle à lui-même, hurle de tous ses poumons pendant l’intégralité de l’album. Ses déchirements de voix, sur ‘A Lesson Lived Is A Lesson Learned‘ ou ‘Voice Of Contention‘ (dixit : ‘They Fucking Lied‘), font de lui un des ténors du thrash/hardcore actuel (Pavarotti a de la concurrence, faites-moi confiance). La batterie, en parfaite synchronisation avec la guitare, fera trembler vos murs avec sa profusion de double pédale (‘Choose Or Be Chosen‘, ‘Doomsayer‘). En parlant de guitare, Sean Martin sort le grand jeu, avec des riffs en palm mute d’une maîtrise incontestable. C’est carré, c’est heavy, et ça donne envie de headbanguer toutes les 2 minutes. Le guitariste se permet même un petit solo des plus surprenants sur la dernière plage du CD… Alors, OK, je vous vois venir avec vos critiques : gna gna gna, on retrouve de nombreux gimmicks, gna gna gna y’a des ralentissements de rythme 1000 fois entendus… Ben oui, c’est pas l’album le plus innovant du monde, je vous le concède. Mais globalement, Hatebreed s’affirme comme le leader de sa scène, en donnant une leçon de métal à tous ses contemporains.

Si cet album est certes un poil moins hardcore, on ressent toujours l’influence de Machine Head dans les compositions : après ‘A Nation On Fire‘ sur ‘The Rise Of Brutality‘, c’est désormais la célèbre outro de ‘Davidian‘ qui est repompée sur le morceau ‘Doomsayer‘. Slayer et Chimaira continuent également à largement influencer le combo de New Haven… Sur ‘Facing What Consumes You‘, le groupe nous sort un de ses plans les plus furieux (attention, c’est pas du métal de fillettes !), tandis que le single ‘This Is Now‘ résume à lui tout seul le contenu de l’album. Sur les 12 titres présents sur le CD, il est agréable de noter qu’ absolument aucun d’entre eux ne fait tâche…

Hatebreed nous a donc sorti le grand jeu avec ce ‘The Rise Of Brutality‘. Il est certes assez linéaire, et moins varié que ‘Perseverance‘, mais c’est là que réside sa force : on se surprend à l’écouter d’une traite, voire en boucle ! Portant bien son nom, cet album débordant d’énergie donne envie de tout péter autour de soi. Evitez donc de l’écouter au volant ou dans le métro, vous risqueriez de faire des dégâts…