Hope : espoir. De l’espoir, Silicorn Carne en a à revendre. A coups de guitares rugueuses, de batteries parkinsoniennes, de hululements sylvestres, le trio nous la joue bacchanales et rite initiatique au fond des bois. Ca pourrait puer le Nosfell ou le Radiohead acoustique mal dégrossi, mais ça pue juste le Silicorn Carne, avec une pulsion urgente et vitale en main, dans la famille des Long John Silver, en moins contemplatif.

A ce niveau, les chansons sont plus que des chansons : des petits tremblements de terre, des messes païennes écorchées vives (‘Dance With The Fox‘), des trips à l’acide burtonien (‘Eeny Meeny Miny Moe‘), et des prières batârdes (‘In The Name Of God‘), quelque part entre The John Butler Trio et l’Album Blanc des Beatles. Tout ça pour célébrer, à mon avis, la rencontre précieuse et inouïe de trois musiciens qui ont créé un monde et réinventent l’idée d’une folk progressive et agressive, mélancolique et punk. Du grand art forestier. Des artisans, ces gens-là.

Bémol : Hope est suffisant, très complet. On n’imagine pas encore un format long, on n’en a pas vraiment besoin : le voyage est total l’espace de six titres, le reste du chemin est à faire à pied, en live sans doute.