Après 2 années d’attente insoutenable pour nous les fans (…), Adema fait enfin son retour sur la scène néo, avec un deuxième album intitulé ‘Unstable‘. Si le groupe avait frappé un grand coup en 2001, en pleine effervescence du néo-métal je vous le rappelle, les choses ont bien changé en 2003 : cette scène qui tourne en rond est sur le déclin, et rares sont les groupes à rééditer leurs succès passés. Qui plus est, si l’ont pouvait être agréablement surpris de découvrir le groupe du demi-frère de Jonathan Davis (KoRn) il y a 2 ans, l’effet de surprise s’est désormais envolé. Adema ne pouvant plus ‘marketer’ son album sur cet unique aspect, les critiques féroces attendaient fermement ce second album pour descendre le groupe au premier faux pas. Grosse pression donc… Voici le verdict.

Produit par Howard Benson (Payable On Death, Cold), ‘Unstable‘ s’ouvre par un gros riff typiquement néo, pas original pour un sou, mais diablement efficace. Pourtant, le refrain s’avère déjà bien saoulant, car trop répétitif. Les 2 morceaux suivants, ‘Rip The Heart Out Of Me‘ et ‘Stand Up‘ souffrent du même défaut : les refrains sont trop souvent renouvelés, et ça sent vraiment le copier-coller (merci Pro Tools !). Mark Chavez a beau tenter de faire passer l’émotion sur ‘Stand Up‘, ça ne passe vraiment pas.

En fait, les choses sérieuses démarrent avec la plage titre de l’album. ‘Unstable‘, un tube made in Adema par excellence, mêle habilement riffs basiques, chant plaintif et samples électroniques. Toutefois, après l’écoute de ces 4 premiers morceaux, on est en droit de se demander où est l’évolution dont on nous avait parlé au cours de la conception de l’album. Et bien mes amis, il suffit juste de passer à la plage suivante pour enfin la percevoir (ouf !).

Promises‘ est la première bonne surprise de cet album : après un plan acoustique sobre où Marky fait étalage de toute sa sensibilité, ce morceau se densifie (merci les grosses guitares et les choeurs à la Jon’ Davis) pour s’achever sur une mélodie au clavier des plus originales. Terrible ! La suite prend la même tournure, avec un ‘Blame Me‘ très triste, sur fond d’harmonies en guitare claire. Le chanteur fait encore une fois des merveilles, sa voix étant d’une justesse rare sur les parties les plus calmes.

So Fortunate‘, dont l’intro plaira aux fans de Puddle of Mudd, est très certainement un des morceaux les plus forts du Adema new style. Mark monte dans les aigus comme jamais, alors que des violons se font entendre sur le refrain final. Cette chanson dédiée au fils du chanteur passe vraiment très bien ; ça serait un futur single que je serais pas étonné…

Après un néo des plus insipides (‘Stressin’ Out‘), Adema tente à nouveau de faire passer l’émotion. Mais à trop vouloir faire pleurer, on finit par ennuyer l’auditeur… Alors OK, Marky assure plus ou moins sur ‘Let Go‘, mais c’est grave chiant à écouter ! ‘Betray‘, dans un style plus habituel, ne restera pourtant pas dans les mémoires en raison d’une trop grande linéarité.

Finalement, alors qu’on ne s’y attendait plus, ‘Unstable‘ s’achève par une tuerie des plus brutales ! ‘Needles‘, hurlée de bout en bout par un Mark super énervé, surprend par son agressivité, sa batterie boostée et ses riffs rapides et précis. Du grand Adema, dans un style vraiment bourrin !

Alors au final, que retenir de cet album ? Et bien je vous avoue que je suis relativement déçu, sans pour autant le trouver minable. On ne retrouve pas des morceaux de la trempe d’un ‘Giving In‘ ou d’un ‘Freaking Out‘, loin de là. Adema a tenté de changer son style, peut-être un peu trop prématurément… Ne maîtrisant pas encore toutes les ficelles des ‘ballades qui font pleurer les jeunes filles’, le groupe s’éparpille trop. Quant aux morceaux purement néo, ils manquent sérieusement d’originalité, et n’ont pas l’efficacité de leurs prédécesseurs, exceptions faites à ‘Unstable et ‘Needles‘. Bref, ‘Unstable‘ porte bien son nom : il s’écoute, passant du très bon au très mauvais. Une déception pour ceux qui croyaient en ces cousins de KoRn