PVT. Ouais. Je ne sais pas si c’est moi qui fais du mauvais esprit ou si Church With No Magic est vraiment un album sympathique, habité, mais pas transcendant.

En même temps, c’est un peu con de manquer de transcendance dans l’église high-tech et noisy que PVT, anciennement Pivot, cherche à construire dans cet album. De boucles vocales en grognements électroniques (‘Light Up Bright Fires‘), le quatuor a l’air d’avoir monté une nouvelle religion et de manquer de matériaux pour les vitraux de la cathédrale. A tel point que la nef supérieure sera placée sous le patronage pas très frais de Vangelis (les synthés malades de ‘Only The Wind Can Hear You‘) ou de Pink Floyd (le manège infernal des notes de ‘Silver Bell’ semble repris de ‘On The Run‘, millésime 1973). Dur de croire que PVT pourraient être les messies d’un nouveau genre, à la croisée d’une électro indé décomplexée et d’un rock lascif et mystique (‘Crimson Swan’).

L’émotion est pourtant là, palpable et digne d’une épilepsie interminable (‘Window‘), qui laisse s’échouer sur une plage de pixels mouvants (‘Timeless‘). PVT a son mot à dire, parmi les grandes religions du monde de l’ombre (à savoir les krauteux, les noisuistes, les grindcoriens et autres mathistes avides de conquête décilbéleuse sur les terres impies). Mais si Church With No Magic est son texte sacré, il faudra se contenter des rituels agréables et des messes garanties sans sacrifice humain de la secte australienne.

Pas trop de magie chez PVT, mais on a le tympan qui frétille et le clocher qui opine : une église hantée mais trop d’exorcistes autour.