Clairement, il y a eu une couille dans la matrice. Comment est-on passé de Arctic Monkeys, groupe alliant flegme dandy et fougue juvénile sur un premier album parfait à Arctic Monkeys, groupe un brin soporifique, visiblement sous influence et assez inexplicablement à l’abri d’une contre hype que la qualité fléchissante de ses productions aurait pourtant pu expliquer ? Oui, et bien ce ne sera pas le sujet de cette chronique.

Plus pop, plus aérien, Suck it and see s’est calmé sur le coté Queen of the stone age sous Valium qu’arborait Humbug. Seuls revendiquent clairement l’influence du grand roux un Library Pictures halluciné et frénétique, un Brick by brick très pale et un excellent Don’t sit down cause I moved your chair dont les guitares lourdes, le rythme martelé et les choeurs entêtants réveillent au milieu d’un album fort paisible où les Dancing shoes prennent la poussière.

Depuis qu’il a [s]vu la vierge[/s] écouté The Coral, Alex Turner est persuadé tel le premier theghostchild venu (et comme 75% des groupes britons) que la pop sixties représentent l’âge d’or de la musique. Pourquoi pas, surtout que Suck it and See contient des perles comme The Hellcat Spangled Shalalala qui évoquent Supergrass période Life on other planets, ou Reckless Serenade qui est une définition acceptable de la coolitude. Gros souci néanmoins : les autres titres sont mélodiquement pauvres, affreusement prévisibles et bien trop répétitifs. Et du coup, on se fait chier pendant la moitié l’album.

Suck it and See est dans la continuité de son prédécesseur, troquant seulement la posture sombre de Humbug par une insouciance semblant forcée. Il y a du bon et du moins bon. Arctic Monkeys ne s’est pas cassé la tête, il n’y avait pas de raisons que le chroniqueur le fasse. C’est vrai quoi, ce sont toujours les mêmes qui bossent.