J’avoue, j’ai pas un gros passif avec Ben Harper, musicalement parlant bien sûr. Même si je connaissais ses titres les plus populaires, ça ne m’avait jamais attiré, un peu trop mou pour l’amateur de crunk post drone black métal ouzbek que je suis et puis, je me suis intéressé à lui. Parce que je le trouvais cool quand même le Ben. Une sorte de force tranquille avec des singles qui sentaient bon la coolitude. Et j’avais bien BIEN accroché à son album passé avec les Relentless 7 (Dark Lies For White Times). Parce que oui, au final, j’aime bien Ben Harper mais encore plus quand ça bouge un peu.

Alors si la bande du Relentless 7 n’est pas créditée sur la couv’, les musiciens ont pourtant participé à cet album, ce qui donne de facto, un disque plutôt rythmé (signalons aussi au passage les participations du Beatles Ringo Starr sur 2 titres ou encore de Jackson Browne, vieille légende du rock US).
Le hic, c’est que Ben Harper a sorti pas mal d’albums depuis le début des années 2000 puisque l’on est quasiment à un album par an donc on est en droit de se demander s’il n y’a pas un risque d’essoufflement. Pas besoin de 150 écoutes pour capter qu’on est en terrain connu avec ce disque, néanmoins le disque n’en contient pas moins son lot de titres sympas qui accrochent bien l’oreille comme le single Don’t Give Up On Me Now, Waiting On A Sign lorgnant logiquement et avec succès du côté du rock US 70’s , sans parler des titres rock menés tambour battant Clearly Severely ou encore Rock N’Roll Is Free titre calibré radio tel un Diamonds On The Inside. Même si j’avoue que la claque vient, pour moi, du titre Do It For You, Do It For Us (le meilleur titre du skeud à mon humble avis tant Ben s’y révèle rock avec son chant à bout de souffle, ses claviers inspirés, non vraiment, j’adore ce morceau.)
On y trouve aussi du tout instru (Get There From here), des morceaux plus calmes comme la sensible Feel Love et Pray That Our Love Sees The Dawn.
Est-ce un mal pour autant que le chemin sonore de cet album soit déjà si balisé d’avance ? À mon sens, non, Give ‘Till It’s Gone est franchement agréable à écouter. On sent bien que Ben Harper fait avant tout ce qu’il aime. Ici, l’artiste n’est pas à la recherche de son album ultime et je ne vais pas le blâmer pour ça tant le disque permet de passer un bon moment loin des merdes FM qui nous polluent à longueur de journée.

Seuls les fans de l’artiste pourraient ressentir une certaine frustration avec cet énième album sans surprise. Néanmoins et même s’il faut avouer que le rythme des sorties pousse à comparer Ben au beaujolais nouveau (ou la bière de Noël pour nous nordistes), je me dis qu’il vaut mieux se mettre une petite mine avec du beaujolais nouveau qu’une vieille piquette achetée chez Lidl. La gueule de bois n’en sera que plus douce. Qu’on se le dise !