13 morceaux, 13 featurings. Ça a tout l’air d’une blague, mais KoRn ne plaisante pas. Jon Davis est même très sérieux [url=https://www.visual-music.org/news-25778.htm]lorsqu’il évoque[url] tel un hipster kitty que son groupe est le précurseur de la dubstep. Seulement, comment peut-on revendiquer une identité propre quand on invite 8 artistes (Skrillex, Noisia, Excision, Kill The Noise, Downlink, 12th Planet, Feed Me, Datsik) à venir apporter leur patte sur son nouvel album ? KoRn, génie qui sort une nouvelle carte imprévue de son jeu ou débris désabusé tout (trop) content de ses nouvelles fréquentations ?

Il va de soi que KoRn a étonné son monde quand le morceau Get Up! a été révélé en mars dernier. KoRn ? De la dubstep ? Enkuler de rire ! Où est la caméra ? Deux mois plus tôt, le guitariste Munky avait annoncé que leurs nouvelles compos sonnaient comme du Soundgarden. Soit il y a une facette du groupe de Chris Cornell qu’on n’a jamais connue, soit Jon Davis s’est par la suite bourré la gueule par hasard avec Skrillex un soir d’hiver et a décidé qu’à partir de maintenant, c’était [s]spaghetti[/s] dubstep.
En tout cas, ça sonne pas terrible. Mettez de côté les ornements gargarismiques propres au genre et les éructations de canard baryton enrhumé, et on se retrouve avec un degré zéro de composition. Malgré une intro (Chaos Lives In Everything) et des singles (Narcissistic Cannibal, Get Up!) qui ne demandent qu’à poutrer, KoRn n’arrive pas à suivre son propre virage. La cruelle absence de talent fait que tout est redondant. De la dubstep chiante, saisissez-vous à quel point ce concept est enculatoire ? On ne s’improvise pas Flux Pavilion. Encore une fois, le fait que la mention featuring soit présente sur tous les morceaux de cet album parle : KoRn n’a même pas entièrement écrit ces chansons. Vu le résultat de cette partouze sonore, on peut sans équivoque utiliser le terme d’association de malfaiteurs. Certes, Jean-Maurice envoie la purée derrière ses claviers, mais on a du mal à s’acquitter d’arrière-pensées quant à cette tambouille. A quand le sponsoring de meetings de Jacky ?

The Path Of Totality a une chance de plaire aux amateurs lambda de dubstep, mais pas aux fans de KoRn. Une reconversion mitigée, pour ne pas dire foirée. La tension ne prend pas, le chaos ne convainc pas, et on a moyennement envie de se lever pour tout péter. Le nouvel album de KoRn fédère bien mal. Sauf peut-être dans une Renault 4 avec des enceintes dernier cri.