Il y a eu rififi chez Lofofora : après trois albums avec le même line up, le batteur Pierre Belleville s’est barré. Sur le coup, on s’est dit que c’était une mauvaise nouvelle au vu de l’indéniable apport qui a eu le bonhomme sur ce qui reste notre album préféré de Lofo, L’excellent Le fond et la forme. D’un autre côté, si ça peut donner un coup de fouet à la bande à Reuno, ça n’est pas plus mal. Parce qu’il faut avouer que Mémoires de singes n’était pas bien emballant. Pas horrible hein, mais très bourrin et au final assez pauvre.

Contrairement à ce qu’on aurait pu penser, le brusque départ de Pierre n’a pas changé grand-chose : Monstre Ordinaire est dans la continuité de Mémoire de singes. Un son massif à la Gojira, du riff plaqué, des rythmiques écrasantes : Du gros métal qui tâche. Tout juste remarque-t-on la batterie moins démonstrative et plus stoner que son prédécesseur. Ça marche pas mal du tout dès le morceau d’ouverture Utopiste, grosse tartasse comme Lofofora n’en avait plus administré depuis bien longtemps. Même constat sur Les évadés où le thème chaloupé fait des merveilles.

Mis à part sur le solide mais classique La merde en tube, les envolées punk hardcore jouissives qu’on retrouvait régulièrement chez Lofofora (Justice pour tous, Psaume Cac 40, Mondiale Parano…) sont nettement en retrait au profit de plan thrash metal. Même si l’album se tient globalement, les titres défilent et nous font froncer les sourcils. Aucun morceau posé, groove paralysé, rythmiques ordinaires : Lofofora a perdu en charme ce qui a gagné en point metal. L’ami Reuno rend une copie passable même si son talent de conteur est toujours présent (Les conquérants, Un mec sans histoire)

Le final La beauté et la bête résume notre avis sur ce Monstre Ordinaire : Carré, ambitieux, puissant mais trop conventionnel et trop austère pour nous séduire.

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