Des années durant, des groupes comme Mogwai ou This will destroy you se sont vautrés dans une formule toute faite. Formule qui a rendu la grande majorité des groupes dits post rock chiants à crever. Heureusement ces derniers temps, certains ne gênent pas pour foutre un coup de pied au cul à ce cliché et prouver que oui, on peut créer un album post rock sans se contenter de faire des morceaux de dix minutes en faisant tourner trois plombes un vieux riff sur lequel on met du reverb-pour-faire-planant.
On peut citer And so I watch you from afar qui avait rajouté une bonne rasade de punk rock pour un résultat plus que marquant. Maintenant on pourra citer Seila Chiara aussi.

Eux n’ont pas de recette miracle, juste du talent et de l’ouverture d’esprit. Seila Chiara aime explorer aussi bien les lentes mélodies voyageuses (la valse polaire Gaea), les tentations pop foutraques rappelant les copains d’Apes Did Ensemble (Fatuity Fair) et même les incursions screamo qui les voient rivaliser avec Kidcrash (Katie, Bar the Door). On reconnaîtra également une finesse indéniable des arrangements et du jeu de chaque musicien… Les lyonnais nous avaient déjà habitué à une musique exigeante et de grande qualité. On est pourtant surpris par la haute volée de Rive. Il demeure toujours quelques points moins reluisants, comme les limites vocales du chanteur (néanmoins toujours en progrès à chaque livraison) et certains passages free jazz qui font perdre le fil.

On avait hâte d’écouter Seila Chiara à nouveau, le groupe ne nous a pas déçus. Concis et sans concession, Rive est un petit enchantement en à peine 35 minutes.