Depuis quelques mois un jeune groupe anglais met en émoi la presse nationale à coup de délicieux concerts et de titres savamment éteillés. Pour les avoir rencontrés après le [url=http://www.findoutfestival.com/]Find Out Festival[url] aux abords d’une boîte marseillaise, les gars de Toy sont de jeunes gens cool, un peu paumés mais franchement agréables. Et c’est un peu pourquoi on ressent autant de spontanéité, de l’humilité et de fraîcheur dans leur musique, un peu perdue dans une époque qui ne semble pas vraiment être la sienne. Une sorte de paradoxe temporel.

A l’écoute de l’album un détail frappe de prime abord : on connait les sonorités, l’air détaché voire dandy du chanteur, et ce goût prononcé pour le rock d’antan avec ce qu’il faut de psychédélisme et d’envolées mélodiques. Seulement malgré mon statut de pseudo-journaliste musical, je serais incapable d’y coller des références à tout va et des groupes underground de l’époque qui auraient pu influencer nos quatre lurons (et Dieu sait qu’il semble y en avoir). Pour le plus récent – et flagrant – on décèle des bribes de leur potes de The Horrors, la reverb à fond et ce son bien aérien. Entre deux coups de pédale à effets si cher au mouvement shoegaze, on trouve aussi un goût prononcé pour le psychédélisme, le krautrock et la noble pop britone des 90s. En bref, comme c’est le cas pour une palanquée de groupes rock de ce début de 21ème siècle.

Mais au fond qu’est-ce qu’on en a bien à foutre d’un groupe qui a inventé un mouvement en post-, en néo-, qui mêle du glockenspiel à de la cithare sur des wobbles teintés d’infra-basse, du moment qu’on prend son pied. Pas de virage de la mort donc, pas de bidouillage venu d’ailleurs, juste de la bonne musique qui aurait pu sortir lors des quarante décennies précédentes. Que ce soit du pseudo-tube habile (Motoring), du romantisme exacerbé qui ne cède pas à la grandiloquence (The Reasons Why, My Heart Skips A Beat) ou encore des soufflets épileptiques qui rentrent dans le lard (Drifting Deeper) tout est bon à prendre. Et quoi de mieux que dix minutes d’intensité pure (Kopter) pour conclure un premier album épatant, pas vraiment étouffé par le poids des anciens. On pourra parfois un peu regretter la production, pas toujours très équilibrée ni adaptée à l’essence de leur musique, mais c’est bien là un moindre mal.