Control,control,control : troisième album pour les Belges de Goose.

En 2006 : Bring it on les avait faits directement exploser grâce à leur subtil dosage d’électro-rock. Toute la planète, ou à peu près, a entendu leur énorme instrumental Black gloves.En club, BO de film ou habillage sonore d’émissions TV, Goose était partout. En 2010, Synrise s’était révélé être une grosse douche froide. Sans âme et trop orienté dancefloors à la mode, l’album avait unanimenent déçu tous ceux qui voyaient déjà en eux les dignes héritiers de Soulwax.
Peu annoncé ,ce troisième opus va-t-il les faire renouer avec le succès ou les plonger définitivement dans l’oubli ?

Début des hostilités avec Control, et les flamands arrivent déjà à nous surprendre : pas franchement électro-rock comme le premier opus mais pas non plus uniquement électro old school comme le deuxième, ce morceau lorgne autant vers la disco de Giorgio Moroder que vers l’EBM sous tranxène, la plus longue plage du disque est une vraie réussite. Et le changement dans le son restera perceptible sur pas mal de titres : un vrai hommage à la scène électro-dark 80’s. On pense inévitablement à de grands noms de l’époque comme leurs compatriotes de Front 242 (l’intrumental Fatal et sa saturation électronique ou Lucifer qui malgré son intro digne des pires Thunderdome fait penser à No shuffle), à Nitzer Ebb (United qui reprend le thème de Control en accéléré) mais aussi à Depeche Mode (les claviers et l’écho de Your ways) ou à une version électro des Stranglers (Modern times).

Mais que les dance-rockeurs se rassurent, les guitares font aussi leur retour à coup de riffs rageurs sur Real, Come on Strong ou Right in the game, rappelant au passage que Goose n’a pas totalement oublié ce qui a fait sa réussite sur Bring it on. Des touches électroniques prononcées, oui mais au service de vraies chansons rock !
L’album défile assez vite et la dixième et dernière chanson se révèle plus que dispensable. Rise and fall, sorte de ballade hard FM à la Bon jovi baignée de synthés, nous amène à une question : quel est le but réel de Goose avec ce nouvel opus ? Si l’on peut en toute cause louer le souhait de diversification du groupe et le refus de s’enfermer dans des codes, la manière d’y arriver semble ,elle, teintée de facilité et le groupe n’arrive pas encore à révéler son vrai visage…ni à renouer avec la réussite de son premier effort.