Quand Frank Carter a déclaré qu’il arrêtait de brailler pour Gallows, nous avons pleuré. Quand le groupe a signalé que son remplaçant serait Wade MacNeil, ex-Alexisonfire, nous avons douté. Quand le quintet a sorti son premier EP sous sa a nouvelle formule Death is birth, nous nous sommes beaucoup moqué. Du coup, quand Gallows a annoncé son nouvel album Gallows, nous nous sommes préparés à le dézinguer.

Tout portait à croire que le Gallows qu’on a tant chéri avait disparu. Sans réel espoir, nous avons recherché des traces de vie. Pourtant pas besoin de microscope pour sentir la vie foisonner dans cet album éponyme. Les choeurs s’époumonent, la batterie s’emballe, les riffs chahutent : le bestiau a encore de la ressource. Certes, la dynamique a quelque peu changé. La rage in-your-face de Carter a cédé au groove fantasque de MacNeil s’apparentant des exubérants Fucked Up. Cela donne des morceaux explosifs (Outsider Art, Odessa) et taquins (Everyone loves you when you’re dead, Vapid adolescent blues).

Gallows (l’album) reste du Gallows (le groupe), savoir du hardcore bien teigneux, une pointe de rock’n roll sulfureux et de la hargne à revendre. Et quand c’est bien maîtrisé ça donne des perles comme Cult of Mary. On sent que les anglais tiennent à garder leur titre de angriest band in UK. Cela les a mené à faire quelques fois preuve d’un excès d’engagement qui rend certaines parties bordéliques (Austères) ou bêtement bourrines. Et puis comme sur Orchestra of Wolves, et Grey Britain, ça s’essouffle sur la fin… Pas de doutes, c’est bien du Gallows pur jus.