[url=http://www.visual-music.org/concert-203.htm]Ils nous ont étonné en première partie[url] de Grizzly Bear à Bruxelles en novembre dernier, ils attaquent le début d’année avec un deuxième album, {Awayland}. Si au premier abord, tu peux geindre devant un énième groupe de folk, ils ont quelque chose en plus que la masse de chevelus à bonnets qu’on a l’habitude de voir.

Ce petit truc, c’est leur chanteur. Conor O’Brien s’amuse tel un conteur autour d’un feu, il sautille, accentue, rime et fait monter le suspense au gré des évènements qu’il raconte. Une prise de risques qu’on ressent également dans la production, qui donne du coffre à des morceaux qui sont trop souvent enfermés dans le carcan d’une simple version acoustique. Ces qualités de songwriting remarquables nous feraient presque oublier le boulot de ses camarades qui savent hausser le ton comme sur Passing a message par exemple.

Accompagnée de ses copines, The Bell demeure au top, catchy et emballée comme sa version live. Les Villagers ne renient pas leurs origines irlandaises avec un album qui sent la plaine. Partis pour être un des gros clients de l’année, ils gagneront les masses avec Judgment Call et Nothing Arrived, deux pop songs de qualité qui devraient piquer la place de Mumford & Sons et d’autres machins pompiers des radios sous peu et c’est tant mieux. D’une autre cuvée, Earthly Pleasure sonne comme écrite à cheval avec son rythme galopant et s’attire très vite les faveurs. Harmonie mais aussi piste instrumentale ou interludes sonores en début ou fin de morceau, le groupe a envie de nous immerger dans son univers.

On se plait à se perdre dans leurs histoires et il faut dire que leur mise en son est si bien emballée qu’on prend beaucoup de plaisir à les suivre. Hélas dans tout récit, il y a des passages qu’on aurait aimé zapper (In A Newfound Land You Are Free) ou raccourcir (Grateful Song) mais on se souvient des émotions ressenties lors du voyage. Par contre, ce serait être sourd de passer sous silence le vrai bémol de l’album, à savoir l’équilibre de sa tracklist. A cause de trois derniers morceaux mollassons, l’ensemble se termine en queue de poisson et on appuiera de nouveau sur lecture pour se rappeler que non, Villagers n’est pas qu’une bande de peines à jouir. En attendant camarade prends un peu de temps : fais ton marché dans {Awayland}, tu seras pas déçu et surtout t’anticipes parce qu’on te le dit, t’as pas fini d’en entendre parler !