‘Suck It and See’ en 2010 sonnait comme l’album à l’anglaise après un virage américain emprunté grâce à Josh Homme et sa production sur ‘Humbug’. Malgré ce retour au pays et une maîtrise de la pop song anglo-saxonne, ce 4ème disque avait tourné court et les quelques morceaux accrocheurs avaient bien du mal à faire oublier le parfum amer de la déception. Attendu au tournant avec ce AM, le groupe avait peut-être lui-même l’impression de ne pas avoir assez donné puisqu’il nous a servi un morceau en marge de son dernier essai. Aujourd’hui, ‘R U Mine‘ fait partie de la tracklist finale et ‘Do I Wanna Know‘, premier single, n’est qu’une variation de cette mise en bouche. Sans le savoir, nous tenions déjà le principal problème de cette cuvée 2013.

En écho au minimalisme de sa pochette, ‘AM’ a pris la maxime Keep It Simple comme leitmotiv. Conçu d’un bloc de morceaux relativement similaires, on hésite entre l’envie d’exploiter les mélodies pour en tirer le maximum ou la fainéantise mais le constat est là : les titres ont bien du mal à se distinguer. Ce qui est dommage, c’est que l’album ne manque pas de réussites avec en tête ‘Arabella‘. Mieux encore le groove va plutôt bien aux Arctic Monkeys mais ils oublient de mettre le coup de collier nécessaire pour ne pas qu’on s’endorme. Parfois, on se croirait presque chez Amy Winehouse avec cette ambiance jazzy et ces choeurs intempestifs. Mention spéciale à ‘I Wanna Be Yours‘ qui clôt l’album et qui pourrait très bien être un morceau R’n’B en changeant le tempo. La plus grande surprise vient de Matt Helders, brute épaisse, ici réduit à l’état d’ambianceur à peine capable de taper 30 fois sur ces fûts par chanson. Habitué de ses coups de semonces, je suis incapable de citer un passage sur ces 12 morceaux où il s’est fait remarquer.

‘AM’ est loin d’être un mauvais album mais il laisse une impression bizarre. Comme celle d’un groupe qui déroule et qui se complait dans un style un peu ronflant et une routine certaine. Il est regrettable qu’à 27 ans les Arctic lèvent le pied à ce point. Peut-être ont-ils peurs de faire partie du fameux club des 27 et que le prochain sera plus nerveux. En l’état, un drôle de phénomène s’établit puisque cet album réhabilite le précédent où des morceaux comme ‘Hellcat Splanged Shalala‘ , ‘Library Pictures‘ ou ‘All My Own Stunts‘ ne trouvent pas d’équivalents ici. En attendant, on les surveillera en live et on les conseille de se foutre un coup de pied au cul pour le prochain. On leur laisse le bénéfice du doute pour cette fois. En conclusion et pour voir si on n’était pas trop durs avec ce disque, nous avons reclaqué ‘Favourite Worst Nightmare’ et le choc est flagrant : en 6 ans, les Arctic Monkeys en ont pris 50.