Avant même le début de la Copa del mundo 2014 et depuis quelques années maintenant, nous nous devons d’avouer notre défaite si l’on veut être tout à fait honnêtes. Nous, grand maîtres du chauvinisme, ne comprenant toujours pas quand on part dans un club vacances rempli d’allemands en short-sandales de cuir et d’anglais accoudés au bar que personne ne parle notre belle langue et ne reconnaisse notre gloire passée (depuis fort-fort lointain temps) et surtout que personne ne sache citer un groupe français digne de ce nom en dehors de nos frontières ! ( j’ai dit « digne de ce nom » donc on oublie l’ignoble dernier Phoenix et les Daft Punkeries, cela va sans dire)

Cela en devient même parfois agaçant quand on y réfléchit, comment un si petit pays comme la Belgique par exemple, peut-il nous enfoncer à plate couture dans autant de domaines ? Chocolats, Bières, Foot, et autres groupes rock ? (liste non exhaustive)

Car depuis bientôt vingt ans et un groupe nommé dEUS, la Belgique secoue l’intelligentsia rock bien plus fort qu’une gifle de chanteur français. Et une fois n’est pas coutume concernant un groupe pop-rock belge, les comparaisons avec dEUS vont bon train dans les medias : à raison, à propos de la réussite dans la variété des directions empruntées par My TV is dead ( le single ‘The Party’s in the sky‘ par exemple ou le très rock ‘Easily controlled‘ qui lui n’est pas sans rappeler Ghinzu qui eux mêmes ne sont pas sans rappeler…) mais aussi à tort quand l’on se rend compte que le duo bruxellois pourrait plus facilement toucher avec une « music for the masses » dans une veine spleen-pop , avec ses petites touches électroniques parsemées ça et là (un ‘Prisoners‘ majestueux en ouverture, tout comme ‘Who you are‘ et sa guitare cristalline ou ‘Gravity‘ propice à la rêverie, on s’imagine d’ailleurs très bien avec cette dernière en apesanteur, seul dans son lit.)
Finalement, la comparaison qui paraîtra la plus à propos à l’écoute de ce second opus et qui flattera mon petit coeur chauvin de midinette serait certainement avec un autre duo : Aaron eux mêmes friands de chemins de traverse et de…pop belge (oui je sais, le chien se mord la queue…)

Alors, on pourra parfois reprocher au duo bruxellois une certaine facilité dans l’écriture ou de s’éparpiller un peu trop (‘Absolution‘ peine à convaincre, ‘Hands up‘ donne trop dans la démonstration synthés arty) mais ce deuxième album confirme la maîtrise d’Amaury et Joël à concocter des balades loin d’être plan-plan, des mélodies pop instantanées aussi bien que des titres swing-popotin. Rien de bien neuf me diront ceux qui connaissaient déjà la qualité de leur premier opus Freedomatic. Moi, je vous dirais bien que ce n’est pas parce que j’ai déjà pris une Chimay que je ne prendrai pas une Triple Karmeliet.