A peine deux ans après un premier album catchy et efficace, Breton s’est vite imposé comme un nom à suivre. Avec un profil multi-cartes flottant entre la vidéo et la musique, ils ont eu la chance de se faire des potes autant chez les amateurs de rock et d’électro. Belle récompense pour des mecs hyper-actifs avec au compteur 6 EP et 2 albums en 4 ans ! Pour varier les plaisirs et franchir un cap, le collectif londonien a décidé de changer de spot en se cassant à Berlin suite à la destruction de leur ancien squat. Corollaire du déménagement ou coïncidence, ils ont aussi mis le pied sur la pédale de frein. Dans leurs morceaux les plus ‘mélodiques’, on pouvait déjà leur trouver une parenté avec les Foals, maintenant il est impossible de la nier. Si Roman Rappak et ses qualités vocales ne sont jamais prises en défaut, contrairement à cette grande gueule de Yannis Philippakis, les compositions ont pris un coup en termes de tempo. Comme le dernier album de leurs aînés, War Room Stories est très propret, même gentillet. Seul le premier extrait ‘Got Well Soon‘ n’a pas cet air trop poli que peuvent se trimballer les 10 morceaux. Une moitié a d’ailleurs été enregistré en compagnie d’un orchestre macédonien, ce qui explique les nobles nappes de violons et de pianos en avant dans le mix.

Aucun doute là-dessus, Breton va faire son trou cette année. Le groupe multiplie déjà les apparitions dans les médias grand public et[url=http://www.bretonlabs.com/warroomstories/]le dispositif malin mis en place sur Google Maps [url] pour l’écoute de l’album a aussi mérité son buzz. Musicalement, le bilan est plus mitigé. Si la qualité des compositions n’est pas à remettre en cause, on dénote quand même un manque d’aspérité. Avec ce virage plus ‘pop’, l’aspect crado de leur son électro disparaît. On s’approprie plus vite l’album mais est-ce qu’il durera aussi longtemps que le précédent, j’en doute. Les morceaux mélos comme ‘Closed Category‘, ‘National Grid‘, ‘Search Party‘ donnent l’impression d’être écrit en mode automatique. Non pas qu’ils soient mauvais mais clairement déjà entendus et un peu pompiers. A l’image de ‘Brothers‘, son dernier morceau, War Room Stories tombe à plat. Tiraillé entre l’envie de bien faire, de percer et d’agiter les foules, Breton essaie de contenter tout le monde. Au finish, un album qui fédérera sûrement de nouveaux adeptes tout en perdant les anciens en route… Très rapidement, il captera l’attention, donnera envie d’être réécouter avant mieux de passer à autre chose une quinzaine d’écoutes plus tard.

D’ailleurs, il est assez amusant de constater qu’à la sortie sur Spotify, on gagne 2 morceaux en fin de tracklist (‘Port of Call‘ et ‘Convention Centre‘). Esseulés, ils essaient de faire le lien avec la cuvée 2012 par un morceau instrumental très électro et un autre où on retrouve le style plus écorché de Other People’s Problem à tel point qu’on croirait entendre une face B. Une initiative toujours bonne à prendre mais qui donne encore à penser sur les véritables intentions du groupe quant à leur évolution de style.