Autant le dire tout de suite, The Orwells n’ont pas inventé la poudre. Cueillis par Atlantic à la sortie du lycée après un premier album passable, les rejetons se complaisent dans un garage prolo dépourvu de la moindre originalité mais balancé avec cette assurance un peu crétine qu’ont tous les morveux du genre – ni très brillants, ni très prometteurs et pourtant bien décidés à saisir leur chance, jouer les grandes gueules, vendre du rock n’roll bon marché à qui n’en veut et accessoirement tambourlouquer de la groupie. ‘On n’est pas les pires, on n’est pas les meilleurs‘ peut-on même entendre sur l’une des premières chansons de ‘Disgraceland‘, et c’est à peu près la seule conclusion que l’on pourra tirer de l’ensemble.

Souris moi et enlève ta culotte !‘ braille Mario Cuomo d’entrée de jeu. Sa voix rocailleuse évoque un Jim Morrison de poche, sans le symbolisme et le côté poète maudit mais avec des slogans rentre-dedans de rebelle sans cause entrecoupés de banalités à peine intelligibles. Le monde avait-il besoin d’un énième ‘Let It Burn‘? À chacun de voir. Peu importe en fait. Si ‘Disgraceland‘ n’enquille pas assez de titres imparables pour provoquer l’émoi, ses 35 minutes n’ont rien d’un calvaire. Là où le premier album ‘Remember When‘ faisait dans le lo-fi poisseux à la Black Lips, les nouvelles chansons se veulent un peu plus variées et abouties mais font surtout penser à du Strokes provincial (‘Southern Comfort‘, ‘Bathroom Tile Blues‘, ‘North Ave‘…), sorte de default mode des Orwells quand ils ne sont pas occupés à tirer d’autres vieilles ficelles. Impossible par exemple de ne pas remarquer la tentative de recycler ‘Lithium‘ ni vus ni connus (‘The Righteous One‘), les guitares libertines du single ‘Who Needs You‘ et les quelques références classic rock dont The Doors sur ‘Dirty Sheets‘. Le groupe ne figurera pas cette année dans le guide Michelin du fin mélomane, ni dans le catalogue printemps-été du hipster, et les amateurs de gros son ou de débauche technique auront certainement foutu le camp avant même le premier refrain. Pour les autres, The Orwells n’ont guère que leur panache à faire valoir et quelques titres accrocheurs taillés sur mesure pour un bon moment de détente, neurones en standby et gosier abreuvé. Sympathique à défaut d’être totalement convaincant.