Vous connaissez sûrement le travail de Jamie XX. Un reportage à la télé à propos de la traite des animaux, un sauté de veau raté par une assistante de direction dans Top Chef, il était là à la bande-son via son groupe : The XX. La recette est connue : un beat mid tempo, deux notes de claviers, une voix féminine monocorde sous Valium et le succès est emballé. London Grammar leur a tout piqué en changeant le chant par des cris stridents. Heureusement, ce n’est pas un nouveau The XX qui nous intéresse ici.

Le cerveau revient en solo avec In Colour. Lancé par le single ‘Loud Places‘ avec sa compère habituelle Romy. Le titre le plus chanté et similaire à ces travaux précédents, avec une ampleur portée par des choristes le plaçant en bonne course pour le statut de tube de l’été. La suite de la tracklist étant foncièrement électro et c’est tant mieux. On distingue deux parties dans l’album, scindées par l’interlude ‘Just Sayin‘ sonnant l’arrivée des pistes les chantées. Depuis l’album de Todd Terje, l’électro pure et dure ne s’était pas autant bien portée. Bien sûr, il y a des faux pas. La lourde ‘Stranger In A Room‘ à deux doigts d’être aussi ringarde que LE morceau de Chris Isaak. Ou encore celle qui n’a rien à foutre là, ‘I know there’s gonna be (good times)‘. Parfaite pour jouer du diabolo avec son berger allemand à la sortie du métro.

Au-delà de ces quelques fautes de goûts et d’une parenté évidente avec de la house déjà entendue par exemple sur l’album commun entre Ellen Allien et Apparat (‘Sleep Sound‘, ‘Girls‘) , In Colour frappe juste et au bon moment. Il devient immédiatement le disque pour chiller l’été posey en terrasse avec la liqueur de ton choix. Il souffle le chaud et le froid en brassant de la basse latente pour commencer, des morceaux apaisés et un peu tourmentés pour choper les âmes sensibles pour terminer sur de l’ambient post-coïtale. Des plaisirs variés qu’on aura le plaisir d’éprouver dans les travées de la Porte de Saint-Cloud à Rock en Seine.