Ca y est, les montpelliérains de Lunatic Age sont de retour après trois années d’absence. Trois années de mue, d’influences acquises et abandonnées. Trois années à digérer les sonorités croisées de la pop, du métal, et du rock. Et au final, presque méconnaissables, c’est avec une ‘Peau Neuve‘ que revient le groupe.

Premier choc et pas des moindres, Lunatic Age retourne à ses premiéres amours : le chant en français. Il faut bien avouer qu’entendre ‘J’aime dire j’aime… C’est mon oxygène, mon kérosène… J’aime dire j’aime…‘. On a beau dire, certaines paroles passent toujours mieux en anglais. Mais heureusement ce premier frisson sera le dernier à l’écoute de ‘Peau Neuve‘, le groupe se rattrapant largement sur plusieurs autres niveaux. On oublie la musique servie par la ravissante ‘Miranda‘, leur second disque : le métal aux accents pop laisse place à rock, plus simple, dénué d’inutiles artifices. Au point de s’imaginer Josh Homme titiller la guitare sur ‘On S’aigne On S’aime‘, ‘Elle Nous Quitte‘. Saturation augmentée, riffs aigus, un son de batterie brut. Pas de doutes, le changement est radical. Les chansons sont plus mélodiques, accrocheuses, plus accessibles. Et même si certaines pistes semblent toutefois fades, on se jette sur ‘Demain‘ ou ‘Le Souffle‘, parce qu’il s’agit là de titres redoutablement efficaces. Et sans tomber dans la facilité, car Lunatic Age savait déjà installer ses atmosphères dans ‘Miranda‘, ‘Comme Au Cinéma‘ sort de l’ombre. Plus sombre, introduite par une basse filterienne. Le combo se la joue heureux avec ‘J’aime‘, plus lourd ‘Peau Neuve‘ avec sa basse vrombissante… Tant de registres que Lunatic Age se fait un plaisir d’explorer. Et nous, on tombe dans le piège : on passe par à peu près toutes les stades émotifs possibles et suggérés. Y compris cette immense montée d’adrénaline sur ‘La Fille Qui Rêve de Moi‘, avec violons sortis à l’occasion, qui pourrait être reprise par Agora Fidelio.

C’est à ce moment précis qu’on se met à regretter de ne pas avoir eu plus de chansons de ce gabarit, possédant une telle puissance, au chant, aux instruments. Et si les autres chansons restent carrées, ‘affûtées‘, on se demande si on appréciera cette mutation avec autant de facilité que Lunatic Age. Mais à vrai dire, seul le temps nous le dira.