Ca fait longtemps que ‘Sevas Tra‘ tourne dans ma baraque, et avec le temps, cet album ce bonifie. Pourquoi? Parce que le groupe a réussi à l’enrichir, musicalement et textuellement, tellement que… Commençons en fait par le début.

Otep, c’est tout d’abord un combo californien de trois musiciens et un poète (Poet-Otep). C’est aussi le nom de la chanteuse du groupe, chanteuse car malgré les hurlements jaillisants des enceintes, il s’agit bel et bien d’une femme. Une femme, Otep Shamaya, qui a décidemment réussi à s’imposer dans le monde viril du métal, voire du Kirigolpacore (© Zyon), parce qu’en effet, ça ne rigole pas.

Lors de l’écoute de l’album, la première chose qui frappe est la violence de ‘Blood Pigs‘, seconde track après une intro quasimment chuchotée. Les riffs sont tout simplement monstrueux et la puissance de la batterie ne fait qu’amplifier et intensifier la seconde qui chose qui va nous frapper de pleins fouet: la voix d’Otep. On est loins des petits cris de My Ruin et on se dit qu’Otep doit avoir une sacrée paire dans sa culotte, parce qu’il en faut (là, c’est une phrase pour choquer toutes les féministes qui nous lisent). Et de hurlements, Otep Shamaya en usera et abusera, mais dans le bon sens, celui où les paroles prendront encore plus de sens car tel est son but: nous faire partager ses sentiments, qu’ils soit plutôt calmes avec ‘Tortured‘ ou l »Hidden Track‘, ou ‘T.R.I.C.‘. Evidemment, les guitares iront dans le même sens donnant un vrai sens au terme ‘métal’. L’impression qu’on a est de se prendre constamment la guitare sur la tête et d’en revouloir, encore et encore. Mais parfois, d’autres tracks se rapprocheront du néo-métal et de Slipknot avec la touche de féminité et de ‘tendresse’ qu’il pourrait manquer à certains. En effet, avec toute cette violence accrue, l’album atteint son summum lorsque l’on entend Otep pousser de long soupirs, comme si la jouissance atteignait son paroxysme. Et encore, le plus étonnant fut d’allier mélanges avec sonorités primales, une sorte de retour aux sources de l’humanité grâce à ce mélange de voix venue des cavernes accompagnée de fûts graves frappés peut-être basiquement.

Un premier album particulièrement travaillé et élaboré, ce qui ne doit pas être étranger à la production de Mister Terry Date… Allier le métal Kifémal et Kirigolepakore (© Zyon) au néo-métal avec un brin de douceur et des paroles magnifiquement écrites, c’était pas dur à imaginer, mais encore fallait-il le faire. Voilà, c’est fait, voilà, vous avez une perle dans votre chaîne hi-fi.