Les deux DJs de Grand National, Rupert Lydon et Lawrence ‘La’ Rudd ont un peu eu l’air d’autistes des temps modernes quand on jète un oeil à leur curriculum vitae. Originaire d’Angleterre, après s’être nourri des groupes cultes des années 80 et se rapprochant dangereusement leur trentaine enfermés dans un garage à composer tout en se ressassant à quel point le son d’aujourd’hui ne vaut plus rien. Et là sort ‘Kicking The National Habbit‘, savant mélange de pop culture et de rock justement sorti des années 80’. Comme quoi, être autiste, ça a parfois du bon (y avait qu’à voir Rain Man).
Autant le dire tout de suite, le nouveau disque de Grand National déborde de pêche et de bonne humeur. Même en mettant de côté l’incroyablement tubesque ‘Drink To Moving On‘ parti pour faire un carton, le duo anglais nous sert un cocktail fruité et très sucré avec lequel on a constamment envie de danser. On se laisse emporter par la fluidité et la légèreté de ‘Peanut Dreams‘, titre minimaliste et ô combien efficace, tout comme par ‘Boner‘ qui porte parfaitement bien son nom une fois prononcé à la française et ses sonorités disco-beach, ‘Cherry Tree‘ et ses boules à facettes qui se déposent en plein milieu des rues londoniennes, ‘Daylight Goes‘ aux sonorités plus rock n’ roll mais toujours aussi dansante…

On se disait en 2004 qu’on avait suffisamment eu droit à tous ces groupes disco-rock commençant par ‘The‘et pourtant, l’année 2005 débute de la même façon mais avec le truc qui fait la différence : la bonne humeur. On balance les badges obsolètes, on vire cette mèche folle inutile et on brûle cette ceinture cloutée qui faisait tant fureur au Revolver Club. Maintenant, il va falloir se la jouer léger, souriant et même porter des tongs s’il le faut.Grand National ne fait plus de la musique que pour les night clubs mais pour chacun des moment de la journée et n’importe où.Grand National se veut plus naturel malgré son mélange electro/guitare/synthé. Bref, Grand National sort un grand album qu’on n’attendait pas et qui justement, risquerait fort malheureusement de passer relativement inaperçu… Et pourtant, dieu sait à quel point les gens ont besoin de prendre des couleurs…dont on avait vraiment besoin.